Attentat de 1994 à l'hôtel Asni à Marrakech

L'attentat à l'hôtel Atlas-Asni à Marrakech a eu lieu le 24 août 1994. L'enquête a démontré que plusieurs attentats similaires étaient planifiés.

1. Déroulement des opérations

Un commando de deux hommes armés et cagoulés tirent des coups de feu en l'air, s'emparent de la caisse et prennent pour cible un petit groupe de touristes présent dans le hall. Deux Espagnols sont tués et une Française grièvement blessée. Le commando terroriste était composé de Stéphane Aït Idir, Redouane Hammadi et Tarek Felah, trois ressortissants français d'origine algérienne et marocaine ayant grandi à la Cité des 4000 à La Courneuve (Seine Saint-Denis). Les deux premiers se seraient radicalisés en fréquentant la mosquée de leur ville ainsi que via les éducateurs de leur club de sport de combat. Ils partent s'entrainer dans les camps islamistes en Afghanistan et Pakistan puis partent faire le « djihad » lors de la guerre de Bosnie. Au total, selon l'enquête menée par les autorités marocaines, quatre groupes comprenant sept personnes devaient commettre des attentats le même jour à Tanger, Fez, Casablanca et Marrakech, mais un seul passera à l'action.

1. Conséquences

L'attentat a aggravé les relations entre l'Algérie et le Maroc. Le Maroc, croyant en l'implication des services secrets algériens compte tenu de l'origine algérienne des criminels, convoque des centaines d'Algériens aux commissariats locaux, et demande à tous les ressortissants algériens sans carte de séjour de quitter le royaume. Des visas deviennent nécessaires pour les ressortissants algériens, et l'Algérie décide de la fermeture de la frontière terrestre (la frontière aérienne restant ouverte) entre les deux pays. Bien que le Maroc supprime l'obligation de visa en 2004, suivi de l'Algérie en 2005, la situation de la frontière terrestre n'a pas évolué depuis 1994, l'Algérie refusant la réouverture.

1. Procès

Les sept inculpés sont jugés au Maroc en 1995. Les Français Stéphane Aït Idir et Redouane Hammadi reconnaissent leur implication dans l'attentat mais affirment que c'est Tarek Falah, en fuite, qui a tué les Espagnols. Défendus par Arnaud Montebourg, ils sont condamnés à mort. Hamel Harzoug est également condamné à mort pour avoir tiré sur un cimetière juif, sans faire de victime. Trois autres sont condamnés à la prison à vie. Le journal La Croix évoque à propos d'eux : « un manque d'intégration dans la société française (la plupart sont sans emploi) et le sentiment qu'il est par contre possible de changer les choses au pays natal. Pour les accusés, le régime marocain est haïssable parce que pas vraiment islamiste ». Ils errent depuis dans le quartier des condamnés à mort de la prison de Kénitra, le Maroc n'appliquant plus cette peine. Les familles des deux Français se mobilisent pour dénoncer leurs conditions de détention et demandent l'intervention de la France. Alors qu'ils sont notamment maintenus à l'isolement avec des promenades rares et menottés, ils mènent des grèves de la faim pour demander de meilleurs conditions. En 2014, ils mènent une nouvelle grève de la faim pour demander à sortir du couloir de la mort et à être incarcéré avec les autres détenus de droit commun, voir de purger leur peine en France. Tarek Falah sera arrêté en France et condamné à cinq ans de prison en 1997 tandis que Abdelilah Ziyad, recruteur de la filière, est condamné à huit années de prison, pour association de malfaiteurs terroristes, mais ne sont pas jugés pour les faits liés à l'attentat de Marrakech. Abdelilah Ziyad poursuit ses prêches radicaux après sa libération. Accusé d'être le mentor d'un des terroristes du Bataclan Ismaël Omar Mostefaï, il est expulsé vers le Maroc en 2021.

1. Implication des services algériens

En 2010, Karim Moulay, ex-agent des services secrets algériens, confesse au journal marocain Al Massae l'implication des services secrets algériens dans l'attentat de 1994. Pourtant, aucun mandat d'arrêt n'a été émis contre lui, malgré sa reconnaissance de son implication dans la tuerie, et le gouvernement marocain n'a pas réagi à ces révélations. Driss Basri, ancien ministre de l'Intérieur marocain, justifie cette implication des services secrets algériens comme une volonté d'attirer l'attention de la scène internationale sur le combat que menait seule l'Algérie contre le terrorisme à l'époque. En ciblant des touristes européens, dans un centre touristique mondial, et en faisant appel à des franco-marocains, Alger espérait marquer les esprits occidentaux.[réf. nécessaire] Les conséquences géopolitiques de cet attentat ont donc creusé les divergences entre Maroc et Algérie. À l'inverse, le journal algérien Le Jeune Indépendant pourfend cette thèse et affirme que les services marocains ont contraint les accusés à mettre en cause l'Algérie.

1. Notes et références

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58 m

Kutubiyya Mosque

The Kutubiyya Mosque or Koutoubia Mosque (Arabic: جامع الكتبية Arabic pronunciation: [ˈdʒaːmiʕu‿lkutuˈbijːa(h)]) is the largest mosque in Marrakesh, Morocco. It is located in the southwest medina quarter of Marrakesh, near the Jemaa el-Fnaa market place, and is flanked by large gardens. The mosque was founded in 1147 by the Almohad caliph Abd al-Mu'min right after he conquered Marrakesh from the Almoravids. A second version of the mosque was entirely rebuilt by Abd al-Mu'min around 1158, with Ya'qub al-Mansur possibly finalizing construction of the minaret around 1195. This second mosque is the structure that stands today. It is an important example of Almohad architecture and of Moroccan mosque architecture generally. The minaret tower, 77 metres (253 ft) in height, is decorated with varying geometric arch motifs and topped by a spire and metal orbs. It likely inspired other buildings such as the Giralda of Seville and the Hassan Tower of Rabat, which were built shortly after in the same era. The minaret is also considered an important landmark and symbol of Marrakesh.
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Dar Moulay Ali

Dar Moulay Ali is a historic residence and riad in Marrakesh, Morocco. It is located right next to the Kutubiyya Mosque. It currently houses the French consulate.
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Jemaa el-Fnaa

Jemaa el-Fnaa (Arabic: ساحة جامع الفناء, romanized: Sāḥat Jāmiʾ al-Fanā), also Jemaa el-Fna, Djema el-Fna or Djemaa el-Fnaa, is a square and market place in the medina quarter (old city) of Marrakesh, Morocco. It remains the main square of Marrakesh, used by locals and tourists.
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456 m

2011 Marrakesh bombing

The 2011 Marrakesh bombing was a domestic terrorist bombing of the Argana Cafe in Jemaa el-Fnaa, Marrakesh, Morocco, on April 28, 2011. A lone terrorist, Adil El-Atmani, planted two homemade pressure cooker bombs hidden inside of a backpack at the cafe and detonated them at 11:50 a.m., killing 17 and injuring 25. Many of the dead were tourists, including a group of French students. El-Atmani, a 25 year-old shoe salesman, pledged allegiance to Al-Qaeda in the Islamic Maghreb, who denied involvement in the attack. He was arrested six days later after a SIM card registered under his name was found in what remained of the bomb. During questioning, he said that he learned bomb-making on the Internet. A letter to the French government found on his laptop ordered the withdrawal of French troops in the Middle East, threatening to "attack targets in the heart of France" if his order was not fulfilled within the twenty days following the attack. Adil El-Atmani was sentenced to death for the attack by an anti-terrorism court in Salé. He is awaiting execution at Moul El Bergui central prison in Safi. He was put in solitary confinement in 2017 after attempting to kill his cellmate.
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496 m

Mosque of the Cat

The Mosque of the Cat (Arabic: مسجد القطة, romanized: masjid al-qiṭṭa; or also جامع القطة) is a historic mosque in Marrakesh, Morocco. It is also identified in some scholarly sources as the Moulay al-Ksour Mosque or Mawlā al-Qṣūr Mosque. The mosque is located in the Ksour neighbourhood on a major souk street, Souk Laksour, near the street's entrance in the Bab Ftouh area just north of Jemaa el-Fnaa. The mosque was founded by a student of Abu al-Abbas as-Sabti, a 12th-century Muslim saint or Sufi figure. The mosque's name derives from a traditional story in which the founder's cat was recruited to eliminate a rat infestation in the house of a vizier. The building was renovated in the 14th century during the Marinid Sultanate, making it one of the few surviving monuments from this period of the city, and is notable for its small but richly decorated minaret.