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Grand Incendie de New York de 1776

Le Grand Incendie de New York de 1776 est un sinistre qui a détruit une vaste zone allant du côté ouest de la ville jusqu’au sud de l’île de Manhattan dans la nuit du 21 septembre 1776. Il éclate dans les premiers jours de l’occupation militaire de New-York par les forces britanniques pendant la guerre d’indépendance des États-Unis. L'incendie détruit environ 10 à 25 %, voire le tiers de la ville. De surcroît, certaines parties épargnées par le feu sont victimes de pilleurs. Les New Yorkais et les responsables britanniques, qui accusent les rebelles, se soupçonnent mutuellement d’être à l’origine du départ de feu. Ce sinistre a des effets à long terme sur l’occupation britannique de New York, qui ne prend fin qu’avec le Jour de l'Évacuation en 1783.

1. Contexte

À l’orée de la révolution américaine en avril 1775, la ville de New York, qui était déjà un important centre d’affaires, n’était pas encore l’immense métropole qu’elle est devenue par la suite et n’occupait alors que la partie inférieure de l’île de Manhattan. Sa population était d’environ 25 000 habitants. Avant le début de la guerre, la Province de New York était divisée politiquement entre les organisations patriotes actives et une assemblée coloniale fermement loyaliste. Après la bataille de Lexington et Concord, les patriotes avaient pris le contrôle de New York et commencé à arrêter et expulser les loyalistes.

Au début de l’été de 1776, alors que le conflit n’en était encore qu’à ses débuts, le général britannique William Howe lança une campagne destinée à lui assurer le contrôle de New York et de son port militaire stratégique. Après avoir occupé Staten Island en juillet, il remporta fin août la bataille de Long Island, aidé par les forces navales sous le commandement de son frère, l’amiral Lord Richard Howe. Reconnaissant le caractère inéluctable de la capture de New York, George Washington retira alors la majeure partie de ses troupes à environ 10 milles (16 km) au nord de Harlem Heights. Plusieurs personnes, dont le général Nathanael Greene et le New Yorkais John Jay, préconisèrent alors d’incendier la ville pour empêcher les Britanniques d’en profiter, mais le Second Congrès continental, auquel Washington soumit cette proposition, la rejeta catégoriquement : « Il ne faut en aucun cas l’endommager. » Les forces britanniques du général Howe purent donc débarquer à Manhattan le 15 septembre 1776. Le lendemain matin, quelques troupes britanniques marchèrent vers Harlem, où les deux armées s’affrontèrent de nouveau, tandis que les autres investissaient la ville. L’arrivée de la flotte britannique dans le port avait été précédée par un exode des civils new-yorkais. L’arrivée, en février 1776, des troupes de la première Armée continentale avait incité certains habitants à fuir, y compris les loyalistes spécifiquement visés par l’armée et les patriotes. La capture de Long Island n’avait fait qu’accélérer l’abandon de la ville. Nombre de propriétés abandonnées par les loyalistes avaient été affectées à un usage militaire par l'armée continentale. L’arrivée des Britanniques dans la ville inversa les rôles, les propriétés des patriotes étant affectées à l’usage de l’armée britannique. Malgré cela, les exigences hospitalières et autres de l’occupation militaire réduisirent de manière significative la place disponible en ville.

1. Incendie

Le feu éclata dans les premières heures du 21 septembre. Selon le témoignage d’un prisonnier américain détenu à bord du HMS Pearl, du nom de John Joseph Henry, celui-ci commença près de Whitehall Slip, dans la taverne dite « des coqs de combat ». Attisées par le temps sec et les forts vents, les flammes se propagèrent vers le nord et l’ouest, progressant rapidement parmi la masse compacte des logis et des commerces. Les résidents se précipitèrent dans les rues, emportant les biens qu’ils pouvaient pour trouver refuge sur les friches herbeuses aujourd’hui occupées par New York City Hall. Le feu traversa Broadway, près de Beaver Street, pour brûler la plupart des bâtiments entre Broadway et l'Hudson. Le feu fit rage toute la journée avant d’être contenu aussi bien par des changements dans le vent que par l'action de quelques citoyens et de Marines britanniques envoyés, selon Henry, « à la rescousse des habitants ». Il se peut que les terrains de Kings College, sis à l’extrémité nord de la zone atteinte par le feu et alors relativement peu développés, aient servi de coupe-feu naturel. Le nombre exact de constructions détruites n’est pas connu ; les estimations varient de 400 à 1 000, c’est-à-dire de 10 à 25 % des 4 000 bâtiments que comptait alors la ville de New York. Trinity Church figure au nombre des bâtiments détruits tandis que la chapelle Saint-Paul survécut.

1. Causes de l’incendie

Le rapport du général Howe à Londres laisse entendre que les causes de l’incendie étaient criminelles : « un certain nombre de misérables ont fait une tentative des plus épouvantables pour brûler la ville ». Le gouverneur royal William Tryon, qui soupçonnait Washington d’en être le responsable, écrivit que « nombre de circonstances portent à conjecturer que M. Washington était au courant de cet acte crapuleux » et que « certains officiers de son armée ont été trouvés cachés dans la ville ». Beaucoup d’Américains supposèrent aussi que l’incendie était l’œuvre d’incendiaires patriotes. John Joseph Henry a rapporté les récits de Marines de retour sur le Pearl après avoir combattu le sinistre, affirmant que des hommes avaient été « surpris en flagrant délit de départ de feu de maisons ». Certains Américains accusèrent les Britanniques d’avoir mis le feu pour permettre le pillage de la ville. Un major hessois releva que certains qui avaient combattu les flammes avaient réussi à « bien se payer en pillant les maisons voisines épargnées par l’incendie ».

Le 22 septembre, George Washington adressa à John Hancock une lettre où il affirmait nier avoir connaissance de la cause de l’incendie. Dans une autre lettre adressée à son cousin Lund, il écrivit que « la Providence ou quelque brave honnête homme, a fait plus pour nous que nous n’étions nous-mêmes disposés à le faire ». Selon l’historien Barnet Schecter, aucune accusation d’incendie criminel n’a résisté à l’examen. La seule preuve à l'appui des théories de l’incendie criminel est le fait que le feu a paru commencer en plusieurs endroits. Toutefois, les récits contemporains expliquent que l’incendie fut propagé par des braises emportées de toit en toit. Un chroniqueur a écrit : « les flammes furent communiquées à plusieurs maisons » par ces braises « portées par le vent à une certaine distance ». Les Britanniques interrogèrent plus de 200 suspects sans jamais inculper qui que ce soit. Par coïncidence, le capitaine américain Nathan Hale qui espionnait pour Washington, fut arrêté à Queens le jour du départ de feu. Des rumeurs tentant de l’associer aux incendies n’ont jamais été prouvées, rien n’indiquant qu’il ait été arrêté puis pendu pour autre chose que des actes d’espionnage.

1. Conséquences sur l’occupation britannique

Le major général James Robertson confisqua les demeures inhabitées indemnes des New-Yorkais connus pour être patriotes afin de les attribuer à des officiers britanniques. Les églises autres que celle de l’Église anglicane furent converties en prisons, en dispensaires ou en casernes. Certains des soldats ordinaires furent cantonnés dans des familles civiles. La grande affluence de réfugiés loyalistes de retour dans la ville, dont beaucoup campaient dans des tentes sordides sur les ruines calcinées, se solda par une surpopulation. Les Britanniques préférèrent alors déclarer la loi martiale plutôt que de restituer la ville aux autorités civiles. La criminalité et les problèmes d’assainissement furent des problèmes persistants au cours de l’occupation britannique, qui ne prirent fin qu’au Jour de l'Évacuation, en novembre 1783.

1. Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Great Fire of New York (1776) » (voir la liste des auteurs).

1. Voir aussi


1. = Sources et bibliographie =

(en) Henry Phelps Johnston, The campaign of 1776 around New York and Brooklyn, Brooklyn, The Long Island Historical Society, 1878 (OCLC 234710) (en) Martha Joanna Lamb, History of the City of New York, The Century of National Independence, Closing in 1880, New York, A. S. Barnes, 1896 (OCLC 7932050) (en) Barnet Schecter, The Battle for New York : the city at the heart of the American Revolution, New York, Walker & Co, 2002, 454 p. (ISBN 0-8027-1374-2) (en) Sir George Otto Trevelyan, The American Révolution : 1766-1776, Londres, New York, Longmans, Green, 1903 (OCLC 8978164)

1. = Articles connexes =

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Great Fire of New York (1776)

The Great Fire of New York was a devastating fire that burned through the night of September 20, 1776, and into the morning of September 21, on the West Side of what then constituted New York City at the southern end of the island of Manhattan. It broke out in the early days of the military occupation of the city by British forces during the American Revolutionary War. The fire destroyed from 10 to 25 percent of the buildings in the city, while some unaffected parts of the city were plundered. Many people believed or assumed that one or more people deliberately started the fire for a variety of different reasons. British leaders accused revolutionaries acting within the city and state, and many residents assumed that one side or the other had started it. The fire had long-term effects on the British occupation of the city, which did not end until 1783.
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Whitehall Street

Whitehall Street is a street in the South Ferry/Financial District neighborhood of Lower Manhattan in New York City, near the southern tip of Manhattan Island. The street begins at Bowling Green to the north, where it is a continuation of the southern end of Broadway. Whitehall Street stretches four blocks to the southern end of FDR Drive, adjacent to the Staten Island Ferry's Whitehall Terminal, on landfill beyond the site of Peter Stuyvesant's 17th-century house. Whitehall Street is one of New York's oldest streets, having been a 17th-century road in the Dutch colony of New Amsterdam. It was known as Marckvelt by 1658 and as Whitehall Street by 1731. Over the years, the street has been widened and modified to accommodate different traffic patterns. Whitehall Street contains several structures, including the Alexander Hamilton U.S. Custom House and 2 Broadway at its northern end. The street has entrances to the New York City Subway's Whitehall Street–South Ferry station at both its ends, as well as the Staten Island Ferry terminal and Battery Maritime Building at its southern end.
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Bridge Street (Manhattan)

Bridge Street is a street in the Financial District of Lower Manhattan in New York City, running two blocks from State Street in the west to Broad Street in the east. It intersects Whitehall Street.
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2 New York Plaza

125 Broad Street (formerly known as 2 New York Plaza) is an office building in the Financial District of Manhattan in New York City, at the intersection of Broad Street and South Street near South Ferry. The building, standing 504 feet (154 m) tall with 40 floors, is one of the southernmost skyscrapers in Lower Manhattan. The building was designed by the Kahn & Jacobs architecture firm, and developed by Sol Atlas and John P. McGrath. Construction took place from 1970 to 1971. The building is to the east of 1 New York Plaza, and to the south of 55 Water Street. It has a modern structural design, and is one of a series of modern-style buildings built in the Financial District during the 1960s and 1970s. Starting in 2007 the managers began incorporating energy saving renovations to meet LEED Silver standards. Building amenities include on-site management, day care, a coffee shop, shoe shine and a 50-car garage.
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South Ferry/Whitehall Street station

The South Ferry/Whitehall Street station is a New York City Subway station complex in the Financial District neighborhood of Manhattan, under Battery Park. The complex is shared by the IRT Broadway–Seventh Avenue Line and the BMT Broadway Line. It is served by the 1 and R trains at all times, the W train only on weekdays during the day, and the N train at night. It is the southern terminal for all 1 and W trains and the northern terminal for late night R trains. The complex originally consisted of three separate stations. In 1905, the Interborough Rapid Transit Company (IRT) opened a balloon loop at South Ferry, serving the IRT Broadway–Seventh Avenue and IRT Lexington Avenue Lines. The Brooklyn–Manhattan Transit Corporation (BMT) opened its station at Whitehall Street in 1918. The same year, the IRT opened a second loop for the IRT Lexington Avenue Line on the inside of the existing loop; the two loop stations were not connected to each other nor to the BMT station. Despite their proximity, the stations remained separate for 91 years. In the early 2000s, as part of the recovery effort from the September 11, 2001, attacks, a new South Ferry terminal for the Broadway–Seventh Avenue Line was proposed. That station opened in 2009, replacing the loop station and providing a connection between the Broadway–Seventh Avenue Line's 1 train and the Broadway Line's N, R, and W trains. The new terminal for the Broadway–Seventh Avenue Line was severely damaged during Hurricane Sandy in 2012, and the MTA temporarily re-opened the loop station between 2013 and 2017, adding a temporary connection between the IRT Broadway–Seventh Avenue Line's loop and the BMT Broadway Line's platforms. The newer terminal reopened in June 2017 following extensive renovations and waterproofing work. This station complex is the third on the site to bear the name South Ferry. The first was an elevated station located nearby, which was open from 1877 to 1950 and served the former IRT Ninth, Sixth, Third, and Second Avenue elevated lines. The second was the old South Ferry loop station, located above the existing station complex.