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Rue des Tanneurs (Lille)

La rue des Tanneurs est une rue du centre de Lille près de laquelle était établi le couvent des Pauvres-Claires fermé en 1792.

1. Situation et accès

Cette voie du quartier Saint-Maurice débute rue du Molinel et se termine rue Neuve.

1. Origine du nom

Son nom attesté depuis le XVe siècle est dû à la présence de tanneurs au confluent de la Riviérette et du Becquerel dans l’ilot formé avec la rue du Molinel, l’actuelle rue Pierre-Mauroy qui était au Moyen Âge la rue de la Cordewannerie (cordonnerie), la rue du Sec Arembault et la rue Détournée.

1. Historique


1. = Le site originel =

La rue est une des plus anciennes de Lille, faisant partie de l'agglomération de Fins autour de l’église Saint-Maurice, l’un des deux noyaux originels de la ville englobés au début du XIIIe siècle dans l'enceinte entourant les quatre paroisses fondatrices, Saint-Pierre, Saint-Étienne, Saint-Maurice et Saint-Sauveur. La rue est proche d’un ancien chenal de la Deûle, zone marécageuse asséchée à la fin du XIIe siècle ou au XIIIe siècle par la canalisation de la Riviérette et du Becquerel et par le creusement de canaux, les plus proches étant le canal de la rue de Paris qui s’écoulait entre la rue du Sec Arembault et la rue Saint-Nicolas et le canal des Boucheries entre la rue Saint-Nicolas et la Grand’ Place (place du Général de Gaulle).

1. = Les tanneries =

Après cet assainissement, les terrains de l’ilot au nord-est de la rue sont divisés en parcelles régulières où s’installent des tanneries au bord des petits cours d'eau canalisés, la Riviérette, le Becquerel et le Dorelot, dérivation de la Riviérette. Des teintureries étaient également implantées. Le quartier se densifie au XIVe siècle et XVe siècle. La tannerie disparait au cours du XIXe siècle. Il restait 4 tanneurs-corroyeurs rue des Tanneurs en 1840, un seul en 1877. Le canal de la Riviérette et celui du Becquerel, très pollués et insalubres, sont couverts, partiellement par tronçons à partir du XVIIe siècle, les dernières parties à ciel ouvert en 1902. Les dernières traces de ces canaux sont comblées lors des travaux immobiliers des années 1990 et 2000.

1. = Le couvent des Sœurs-Grises =

En 1453, le couvent franciscain des Sœurs grises s’établit au cœur de l’ilot, sur des biens immobiliers cédés par Isabelle de Portugal, au bord du Dorelot, petit canal dérivation de la Riviérette, terrain et maison, auparavant étuves (établissement de bains) «où se commettaient péchés et maux beaucoup». Une église est construite, accessible par deux ruelles concédées par le Magistrat donnant, l’une sur la rue des Malades, l’autre sur la rue du Molinel. Le couvent établi à l'intérieur de l'ilot, sur sa partie Est proche de la rue du Molinel, jouxte les tanneries installées à l’ouest au bord de la Riviérette et du Becquerel.

1. = Le couvent des Pauvres-Claires =

Le couvent est agrandi avec le soutien de Marguerite de York, veuve de Charles le Téméraire, une nouvelle église est construite en 1493 et la communauté adopte la constitution de Sainte-Colette des Clarisses de l'Ave Maria, imposant la clôture perpétuelle matérialisée par une enceinte entourant le cloître interdisant l’entrée et le regard des étrangers. Les visites dans un parloir divisé par une grille sont soumises à autorisation de l’abbesse et la tour recevant les aumônes ne laisse pas passer le jour. Les Pauvres-Claires ne mangent qu’une fois par jour sans faire gras et vivent dans la pauvreté. Plusieurs sœurs grises refusant la clôture pour se consacrer à des activités charitables telles que dispense de soins à domicile et accompagnement de convois mortuaires se séparent de la communauté vers 1490 pour un couvent établi dans une maison mise à leur disposition par le seigneur de Roubaix, rue des Trois Mollettes. Les clarisses sont sous la tutelle de frères Récollets qui assurent les liens avec l’extérieur, remplacés en 1680 par des converses résidant au couvent qui recueillent les aumônes dans la ville. Le couvent agrandi au début du XVIIe siècle comprend des bâtiments permettant d’assurer l’autosuffisance à la communauté : une infirmerie, une buanderie, une boulangerie, une brasserie, un cellier, les dortoirs, le réfectoire, le cimetière, un jardin et le quartier des converses strictement séparé de celui des religieuses cloitrées. Le nombre de sœurs varie de 24 religieuses ayant accepté la clôture en 1490 sur les 32, à 50 au cours du XVIIe siècle, 33 à la fermeture du couvent, non compris de 8 à 10 converses.

1. = La fin du couvent =

Le couvent est fermé en 1792 et ses bâtiments vendus à un tanneur. L’église, le cloître sont démolis avant 1820. Le terrain du couvent est morcelé en 5 parcelles où s’installent des usines dont une filature.

1. Bâtiments remarquables et lieux de mémoire


1. = La rue au XXIe siècle =

La rue des Tanneurs a été élargie à la fin du XXe siècle par recul du rang d’immeubles des numéros pairs (sud-ouest) reconstruits. Une partie de ceux des numéros impairs ont également été reconstruits, notamment l’entrée du centre commercial des Tanneurs. Le centre commercial des Tanneurs est établi en 2005 2006 sur une surface de plus 10 000 m2 sur la partie du centre de l’ilot détruite à la fin du XXe siècle.

Des fouilles archéologiques ont été opérées en 1984 sur une surface de 100 m2, puis en 2001 et en 2002-2003 sur plus de 5 000 m2 comprenant le site de l’ancien couvent. La rue est une zone piétonne à accès limité aux véhicules autorisés et livraisons de 7 à 11 h.

1. Références


1. Bibliographie

Christine Cercy et Corinne Gardais, « Le couvent des Pauvres-Claires de Lille », Revue du Nord, no 6,‎ 2006.

1. Articles connexes

Liste des rues de Lille

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Nearby Places View Menu
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149 m

Siege of Lille (1940)

The siege of Lille or Lille pocket (28–31 May 1940) took place during the Battle of France in the Second World War. The siege of the French IV Corps and V Corps (about 40,000 men) of the First Army (General René Prioux) was conducted by four German infantry divisions supported by three panzer divisions. The III Corps of the First Army had managed to retreat to the Lys river with the British Expeditionary Force (BEF) divisions nearby. The two surrounded French corps resisted German attacks until forced to surrender at midnight on 31 May/1 June. The defence of the Lille Pocket enabled more Allied troops to retreat into the Dunkirk perimeter and take part in the Battle of Dunkirk.
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190 m

Saint-Maurice, Lille

The Église Saint-Maurice is a church on Rue Pierre-Mauroy, in the historic centre of Lille, northern France. Its construction began at the end of the 14th century and completed at the end of the 19th century, and it was extended over more than four centuries. A hall church in the Gothic style, it was made a monument historique in 1914.
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316 m

Column of the Goddess

The Column of the Goddess (French: Colonne de la Déesse) is the popular name given by the citizens of Lille, France, to the Memorial of the Siege of 1792. The memorial stands in the center of the city's Grand' Place (central square), and has been surrounded by a fountain since around 1990.
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316 m

Place du Général-de-Gaulle (Lille)

The Place du Général-de-Gaulle (French pronunciation: [plas dy ʒeneʁal də ɡol]) is an urban public space situated in the commune of Lille, Hauts-de-France region. It is the town's historic main square. It has a grand-place style, which is typical of many cities in the former Netherlands. Until the 21st century, the square was considered to be part of the Forum mentioned in the 1066 foundation act of the Collegiate Church of Saint-Pierre. It is believed to have originated in the 14th century when the town's aldermen decided to turn it into a market. The Deûle was canalized, the ground gradually raised by embankments, then paved to create a market square. In the 17th century, the construction of the Vieille Bourse divided the square into the Grand-Place and the Petite-Place (now the Place du Théâtre). After the liberation of Lille during World War II, the square was renamed in honor of Charles de Gaulle. The square is known locally as the Grand'Place or, more rarely, the Place de la Déesse. The Place du Général-de-Gaulle continues to serve as a grand plaza for festivities, exchanges, and commercial activities, as well as various events of all kinds. It's still the heart of Lille's braderie. The book trade, with the Furet du Nord bookshop and numerous secondhand booksellers, is also important. The square is surrounded by a number of buildings, eight of which are listed as historical monuments, including the Théâtre du Nord (formerly the Grande Garde) and the Vieille Bourse (formerly the Bourse de Commerce). At the center of the square stands the Column of the Goddess. Built in 1845, it represents the heroism of the people of Lille during the siege of 1792.
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342 m

Opéra de Lille

The Opéra de Lille is a neo-classical opera house, built from 1907 to 1913 and officially inaugurated in 1923. Closed for renovation in 1998 it reopened in 2003 for Lille 2004. The Opéra de Lille is a member of the European Network for Opera, Music and Dance Education (RESEO), and of Opera Europa. It is served by the metro stations Gare Lille-Flandres and Rihour.