La libération de Limoges est un événement historique de la Seconde Guerre mondiale en France qui correspond à la fin de la présence à Limoges de l'occupant allemand, le 21 août 1944 deux mois après Tulle et Guéret. La reddition des troupes allemandes est obtenue sans violence, après l'encerclement de la ville par les forces de la Résistance du maquis du Limousin coordonnées par Georges Guingouin. Cette décision est toutefois contraire aux préconisations du PCF dont Guingouin est membre. La négociation revient à Jean d'Albis, correspondant local du consulat de Suisse à Lyon. S'y implique également fortement le pasteur protestant Albert Chaudier.

1. Déroulement


1. = Contexte =

Georges Guingouin, instituteur de métier, est à la tête du maquis du Limousin, dont les spécificités principales tiennent à la nature essentiellement rurale (avec un recrutement massif parmi les paysans) et à un souci constant de protéger les populations civiles. Ses principales zones de refuge sont les massifs forestiers de l'ouest du Limousin, en particulier le secteur de Châteauneuf-la-Forêt et Eymoutiers, que les Nazis ne peuvent contrôler, et surnommé la « Petite Russie » par ces derniers. Le mois de juin 1944 est marqué par le débarquement en Normandie, et plusieurs exactions sanglantes, comprenant le massacre de Tulle, le 9, et celui d'Oradour-sur-Glane, le 10. Dès juin, Léon Mauvais, responsable des Francs-tireurs et partisans en zone sud, exige que Limoges soit prise. En juillet 1944, sans l'emporter de façon nette, les maquisards tiennent tête à l'ennemi et freinent sa progression lors de la bataille du Mont Gargan. Les FFI se rapprochent ensuite progressivement de Limoges. Le 16 août, la Milice fuit précipitamment.

1. = L'encerclement de Limoges =

Forte de 8 000 hommes, l'armée de Guingouin encercle Limoges. Dès le 19 août, des négociations sont entreprises en vue d'une capitulation sans combats de la part des occupants. Le 20 août, une première réunion échoue. L'action de l'abbé Remlinger, lui-même résistant, pousse en faveur du choix de Jean d'Albis, issu de la famille de porcelainiers Haviland (son père ayant épousé la fille de Théodore Haviland), pour incarner la négociation. Son ancienne fonction de correspondant pour le Limousin du consulat de Suisse à Bordeaux puis à Lyon lui vaut l'image d'une figure respectable voire « neutre », les Allemands refusant de traiter directement avec Georges Guingouin, qualifié de terroriste. Parmi les autres figures de cet épisode se trouvent François Fonvieille-Alquier, communiste, et Serge Gauthier.

1. = La reddition =

Dans les pourparlers, Philippe Liewer, alias « major Staunton », responsable de la mission interalliée, conduit la délégation britannique. Les Américains sont représentés par le capitaine Brown. Vigier et Guéry représentent respectivement les FFC et FFI. Outre Gleiniger, la délégation allemande comprend le lieutenant-colonel von Libich et le capitaine Stoll. La réunion de négociation, qui se tient dans la villa Jouxtens, chemin de Saint-Lazare, en rive gauche de la Vienne, aboutit en fin d'après-midi à la rédaction d'un traité détaillant les « Conditions de reddition des troupes allemandes à une commission interalliée ». Initialement confiés au musée de la Résistance de Peyrat-le-Château, le mobilier et les coupes de vin mousseux servies à l'issue de la réunion sont conservés par le musée de la Résistance de Limoges. La reddition du général Gleiniger, chef de la garnison allemande de Limoges, est obtenue le 21 août au soir, après que l'essentiel des troupes ennemies a déjà quitté la ville en fin d'après-midi. Elle est signée au siège de l'état-major allemand, hôtel de la Paix, place Jourdan. Le général Gleiniger disparaît dans des conditions obscures. Le 22 août, la première réunion du Comité départemental de libération de la Haute-Vienne se tient à l'Hôtel du Commerce, situé en centre-ville de Limoges, en présence de deux représentants du Gouvernement provisoire de la République française. La composition précise du Comité qui avait été préalablement décidée lors d'une réunion dans la nuit du 21 août, dans la mairie de Bosmie-l'Aiguille, diffère, ce qu'Albert Chaudier interprète comme prémices de tensions entre socialistes et communistes. C'est ce dernier qui est désigné à la tête du Comité, qui comprend entre autres François Fonvieille-Alquier, Luc Estang, Gaston Hyllaire et Robert Schmidt. La journée du 22 est à la fois marquée par la liesse populaire et le début de l'épuration. Le 23 août, les premiers Comités locaux de Libération se forment dans le département.

1. = Conséquences =

Initialement sceptique, le clergé local se rallie à la cause du Comité de Libération dès les jours suivant la reddition ; Louis Paul Rastouil, évêque de Limoges, après avoir été écarté par les miliciens, loue l'action des maquisards durant tout l'automne 1944. Cet épisode contribue dans un premier temps à l'aura de Georges Guingouin, qui se fait élire maire de Limoges en avril 1945, et le reste jusqu'en octobre 1947. La libération de Limoges demeure un épisode marquant de l'histoire de la ville. Son souvenir demeure dans plusieurs odonymes.

Il reste toutefois entaché d'un conflit mémoriel relatif au sort de Georges Guingouin après la guerre, au traitement réservé à ce dernier par la justice et par son parti, qui lui reproche son refus d'avoir obéi aux ordres de Léon Mauvais, et à la manière dont les acteurs politiques ont employé cette affaire pendant plusieurs décennies.

1. = Hommages =

Un monument aux morts réalisée par l'architecte André Pécaud (1902-1991), commémore toutes les victimes du conflit à l’arrière du Jardin d’Orsay, ouvrant sur la place des Carmes.

1. Références dans la littérature

Le poète et écrivain Armand Gatti, maquisard en Limousin aux côtés de Georges Guingouin, fait référence à cet épisode de l'action résistante, entre autres, dans l'hommage qu'il laisse à ce dernier, Les Cinq noms de Georges Guingouin, en 2005.

1. Notes et références


1. Voir aussi


1. = Bibliographie =

Albert Chaudier, Limoges 1944-1947, capitale du maquis, Lavauzelle, 1980, 273 p. Georges Guingouin, Quatre ans de lutte sur le sol limousin, Le Puy Fraud, coll. « La Libération de la France », 1974, 287 p. Michel Baury, La fin du Mystère Gleiniger : Août 1944, la libération de Limoges, Lavauzelle, 2014, 186 p. (ISBN 9782702515815).

1. = Articles connexes =

Maquis du Limousin Libération de Guéret

1. = Liens externes =

Cinémathèque de Nouvelle-Aquitaine, archives filmiques sur la Libération de Limoges.

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University of Limoges

The University of Limoges (Université de Limoges) is a French public university, based in Limoges. Its chancellor is the rector of the Academy of Limoges (an administrative district in France for education and research). It counts more than 16,000 students and near 1,000 scholars and researchers. It offers complete curricula up to the doctorates and beyond in the traditional areas of knowledge. It was structured in October 1968 by the grouping of higher education institutions in Limoges. The oldest historical continuity is that of the faculties of pharmacy and medicine dating back to 1626. It is one of the main higher education institutions in the Nouvelle-Aquitaine region. As of July 2015 it is a member of the Leonardo da Vinci consolidated University (Université confédérale Léonard de Vinci) along with the University of Poitiers, the University of La Rochelle, François Rabelais University and several engineering schools. University of Limoges is ranked as the top 50 among the universities in France. University of Limoges is in the top 7% of universities in the world, ranking 29th in the France as 2020. Ranks 1st among universities in Limoges.
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Hôtel de Ville, Limoges

The Hôtel de Ville (French pronunciation: [otɛl də vil], City Hall) is a municipal building in Limoges, Haute-Vienne, western France, standing on the Place Jacques Chirac. It was designated a monument historique by the French government in 1975.
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Chapel of St. Aurelianus, Limoges

The Chapel of St. Aurelianus (French: chapelle Saint-Aurélien; Occitan: chapela de Sant Aurelhan) is a 15th and 17th-century chapel that hosts the relics of Saint Aurelianus in Limoges, Haute-Vienne, France. It is an official Historic Monument.
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Limoges Métropole

Communauté urbaine Limoges Métropole is the communauté urbaine, an intercommunal structure, centred on the city of Limoges. It is located in the Haute-Vienne department, in the Nouvelle-Aquitaine region, southwestern France. It was created in November 2002 as the Communauté d'agglomération Limoges Métropole, which was transformed into a communauté urbaine on 1 January 2019. Its area is 520.6 km2. Its population was 207,385 in 2018, of which 131,479 in Limoges proper.
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Diocese of Limoges

The Diocese of Limoges (Latin: Dioecesis Lemovicensis; French: Diocèse de Limoges) is a Latin Church diocese of the Catholic Church in France. The diocese comprises the départments of Haute-Vienne and Creuse. After the Concordat of 1801, the See of Limoges lost twenty-four parishes from the district of Nontron which were annexed to the Diocese of Périgueux, and forty-four from the district of Confolens, transferred to the Diocese of Angoulême; but until 1822 it included the entire ancient Diocese of Tulle, when the latter was reorganized. Since 2002, the diocese has been suffragan to the Archdiocese of Poitiers, after transferral from the Archdiocese of Bourges. In 2021, in the Diocese of Limoges there was one priest for every 6,766 Catholics.