La poche de Lille a résisté du 25 mai au 31 mai 1940 à l'encerclement de l'armée allemande commandée par le général Waeger durant la bataille de France. La défense de la ville et des environs (Loos, Seclin et Haubourdin) par les 40 000 hommes de Jean-Baptiste Molinié permit au Corps expéditionnaire britannique de rembarquer à Dunkerque, concurremment avec les défenses de Boulogne-sur-Mer et de Calais par les Alliés. Pendant la bataille, les troupes françaises tentent même de contre-attaquer et capturent le commandant de la 253 Infanteriedivision, Fritz Kühne.

1. Forces en présence


1. Déroulement

Le groupement de l'armée française, chargé de la défense de Lille, sous les ordres du général Molinié établit son quartier général à Haubourdin et fit placer notamment :

Le général Alphonse Juin avec la 15e Division d'Infanterie Motorisée au Faubourg des Postes à l'entrée de la ville. Loos est tenu par la 1re Division d'Infanterie Motorisée commandée par le général Léon Jenoudet, L'est d'Haubourdin par la 2e division Nord-Africaine du général Pierre Dame L'ouest d'Haubourdin par la 5e division Nord-Africaine du général Mesny. Les débris de la 1re division marocaine, durement éprouvée par les combats des jours précédents se placent à Lambersart sous les ordres du général Mellier. Les poches de résistance regroupent 35 000 à 40 000 soldats, soit 30 bataillons, 12 groupes d'artillerie, et 5 groupes de reconnaissance. Le 28 mai en fin de matinée, après la capture du général Kühne, dans le faubourg des Postes, porteur des plans d'attaque allemands, qui prévoient que les trois Panzer Divisionen (4e , 5e et 7e) attaqueront le front ouest, la 7e division le nord, la 253e le nord-est, la 217e le sud-est et la 267e division le sud, le général Molinié et ses officiers, organisent alors une tentative de sortie. C'est un carnage, et le capitaine Philippe de Hauteclocque, avec l'accord de son supérieur, réussit à traverser les lignes allemandes et à rejoindre le 4 juin les positions françaises plus au sud sur le canal Crozat. Les munitions épuisées, après des centaines de morts civils et militaires et de blessés, les points de résistance cessent le combat les uns après les autres le 31 mai. À Haubourdin, les Allemands, sans nécessité, massacrent une partie des prisonniers nord-africains après la bataille.

1. Conséquences

Le général Molinié et le colonel Aizier négocient jusqu'à minuit une reddition dans l'honneur pour les défenseurs de Lille et de ses faubourgs. Le samedi 1er juin sur la Grand Place, les troupes françaises défilent en armes devant les Allemands et quelques civils sortis des abris.

Le 2 juin, Adolf Hitler reprocha au général Waeger d'avoir marqué une pause dans sa progression vers Dunkerque et d'avoir rendu les honneurs aux Français. Waeger fut limogé sur le champ. Churchill dans ses mémoires estima que les défenseurs de Lille donnèrent cinq jours de répit à l'opération Dynamo (citation du livre du Colonel Rémy) :

« These Frenchmen, under the gallant leadership of general Molinié, had for four critical days contained no less than seven German divisions which otherwise could have joined in the assaults on the Dunkirk perimeter. This was a splendid contribution to the escape of their more fortunate comrades of the BEF »— Winston Churchill, The Second World War. vol. II. Their Finest Hour, Cassel & Co., 1949, p. 86.

1. Hommages

Sur les 6 divisions encerclées à Lille, 3 étaient nord-africaines (la Division marocaine, les 2e et 5e DINA). La résistance de ces troupes fut si forte que les Allemands de la VIe Armée leur accordèrent les honneurs de la guerre (le précédent remontait à la reddition du fort de Vaux en 1916). Une compagnie en armes formée de tirailleurs du 13e défila sur la grand place de Lille, devant le général Waeger (27e korps) et de son état major, au garde-à-vous et qui saluaient et une compagnie d'honneur allemande qui présentait les armes. Le 2e régiment de tirailleurs marocains fut cité à l'ordre de l'armée après la bataille :

« Les 28, 29, 30 et 31 mai 1940, par le sacrifice de ses derniers éléments, il arrêtait, par des combats de rues, à Loos-sous-Lille, la progression allemande jusqu'à ce qu'il fût réduit à quelques officiers et une poignée de tirailleurs privés de munitions. »— Extrait de la 1re citation à l'ordre de l'armée décernée au 2e régiment de tirailleurs marocains (2e RTM) après les combats à Lille fin Mai 1940

1. Notes et références


1. Voir aussi


1. = Bibliographie =

Rémy, La résistance française a commencé le 3 septembre 1939, Paris, Plon, 1979, 420 p. (ISBN 978-2-259-00437-4 et 978-2-259-00437-4, OCLC 5467649) Pierre Porthault, L'armée du sacrifice, Éditions Guy Victor 1965 Bernard Pujo, Juin, maréchal de France, Paris, A. Michel, 1988 (ISBN 978-2-226-03307-9 et 978-2-226-03307-9, OCLC 417105395) Dominique Lormier, Comme des lions : mai-juin 1940, l'héroïque sacrifice de l'armée française, Paris, Calmann-Lévy, 2005, 329 p. (ISBN 978-2-702-13445-0 et 978-2-702-13445-0, OCLC 469917894) Revue « Batailles » juin-juillet 2006 Buffetaut Y., La bataille de Lille : mai 1940, Louviers, Ysec éditions, 2017, (ISBN 978-2-846-73242-0) Christine Levisse-Touzé, Philippe Leclerc De Hauteclocque, la légende d'un héros, Taillandier 2002 « La 5ème Division d'Infanterie Nord Africaine (D.I.N.A.) - 28 mai (matin): Seclin ».

1. = Articles connexes =

Siège de Lille Fortifications de Lille Armée française en 1940 Groupement Molinié Bataille d'Arras (1940) et Siège de Calais (1940) Siège de Boulogne-sur-Mer (1940) Bataille de Dunkerque Lille pendant la Seconde Guerre mondiale

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Siege of Lille (1940)

The siege of Lille or Lille pocket (28–31 May 1940) took place during the Battle of France in the Second World War. The siege of the French IV Corps and V Corps (about 40,000 men) of the First Army (General René Prioux) was conducted by four German infantry divisions supported by three panzer divisions. The III Corps of the First Army had managed to retreat to the Lys river with the British Expeditionary Force (BEF) divisions nearby. The two surrounded French corps resisted German attacks until forced to surrender at midnight on 31 May/1 June. The defence of the Lille Pocket enabled more Allied troops to retreat into the Dunkirk perimeter and take part in the Battle of Dunkirk.
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Saint-Maurice, Lille

The Église Saint-Maurice is a church on Rue Pierre-Mauroy, in the historic centre of Lille, northern France. Its construction began at the end of the 14th century and completed at the end of the 19th century, and it was extended over more than four centuries. A hall church in the Gothic style, it was made a monument historique in 1914.
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Christ Church, Lille

Christ Church Lille is an English-speaking Anglican Church located in the city of Lille in Nord-Pas-de-Calais, the Flemish area of France. Christ Church Lille is part of the Church of England, Diocese in Europe.
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Braderie de Lille

The Lille Braderie (French: Braderie de Lille) is a braderie, or annual street market/flea market, that takes place on the weekend of the first Sunday of September in Lille, France, in the northern Hauts-de-France region. It dates back to the 12th century, attracting nearly three million visitors each year. The Braderie de Lille is one of the largest gatherings in France and the largest flea market in Europe. In 2014 the Braderie was reported to host 100km of market stalls to over 10,000 exhibitors. During the Braderie, the city hosts a music festival. The traditional food eaten during the festival, moules-frites, typically results in built-up heaps of mussel shells around the city. In 2016, the Braderie was cancelled by Lille mayor Martine Aubry, following terrorist incidents in France.
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Palais des Beaux-Arts de Lille

The Palais des Beaux-Arts de Lille (Lille Palace of Fine Arts) is a municipal museum dedicated to fine arts, modern art, and antiquities located in Lille. It is one of the largest art museums in France. It was one of the first museums built in France, established under the instructions of Napoleon I at the beginning of the 19th century as part of the popularisation of art. Jean-Antoine Chaptal's decree of 1801 selected fifteen French cities (among them Lille) to receive the works seized from churches and from the European territories occupied by the armies of Revolutionary France. The painters Louis Joseph Watteau and François-Louis-Joseph Watteau, known as the "Watteau of Lille", were heavily involved in the museum's beginnings - Louis Joseph Watteau made in 1795 the first inventory of the paintings confiscated during the Revolution, whilst his son François was deputy curator of the museum from 1808 to 1823. The museum opened in 1809 and was initially housed in a church confiscated from the Récollets before being transferred to the city's town hall. In 1866, the "musée Wicar", formed from the collection of Jean-Baptiste Wicar, was merged into the Palais des Beaux-Arts. Construction of the Palais's current Baroque-revival-style building began in 1885 under the direction of Géry Legrand, mayor of Lille, and it was completed in 1892. The architects chosen to design the new building were Edouard Bérard (1843–1912) and Fernand Etienne-Charles Delmas (1852–1933) from Paris. During the early 20th century, Victor Mollet served as its official architect. The building is located on the place de la République, in the center of the city, facing the préfecture of Lille. It was renovated during the 1990s and reopened in 1997. At the start of the 1990s, the building's poor state and the moving of Vauban's relief models of fortified towns to Lille forced the town to renovate the building. Work began in 1991, under the architects Jean-Marc Ibos and Myrto Vitart, and was completed in 1997. This allowed the creation of a new 700 m2 basement room for temporary exhibitions, as well as departments for the relief models and for 19th-century sculpture. Overall the museum covers 22000 m2 and held 72430 pieces as of 2015, one of the largest provincial collections of fine art. The collection includes works by Raphael, Donatello, Van Dyck, Tissot, Jordaens, Goya, El Greco, David, Corot, Courbet, Toulouse-Lautrec, Delacroix, Rubens, Rodin, Claudel and Jean Siméon Chardin.