L’abbaye Saint-Augustin-lès-Limoges est une ancienne abbaye bénédictine de la ville de Limoges, dans le Limousin historique, en France. Elle se situait à côté de l'actuelle gare de Limoges-Bénédictins, à qui elle a donné son nom. Elle est construite en 934, quand l'évêque de Limoges décide d'établir une communauté de moines à l'emplacement d'un ancien sanctuaire dédié à saint Augustin. Jusqu'au XIIe siècle, elle connaît son apogée, s'agrandissant plusieurs fois et servant de lieu désigné pour inhumer des évêques. S'ensuit un déclin, et elle est sur le bord de disparaître à la fin du XVIe siècle. Mais alors sous l'impulsion d'un abbé dynamique, elle reprend de l'activité et adhère parmi les premières à congrégation de Saint-Maur. À la Révolution elle est vendue comme bien national, puis peu après achetée par l'État pour en faire une maison d'arrêt, et ensuite une caserne, avant d'être démolie complètement en 1940. Une histoire de cette abbaye a été écrite par Bernard Gui, surtout connu pour son rôle d'inquisiteur.

1. Situation géographique

L'abbaye se situait en dehors de l'ancienne ville de Limoges, au nord-est. Elle est dite « près et hors les murs », ce qui a été traduit par « lès Limoges », ce qui signifie « près de Limoges ». Elle appartenait à la paroisse Saint-Christophe. Son enclos était près de l'actuelle gare, vers l'est, entre les voies de chemin de fer et la Vienne. C'est de cette abbaye que la gare de Limoges-Bénédictins tient son nom. L'église de l'abbaye avait son emplacement exact sur la rue Adrien-Pressemane.

1. Histoire de l'abbaye

L'abbaye a été construite sur l'emplacement d'un ancien sanctuaire en l'honneur de saint Augustin, qui datait du VIe siècle. Il est détruit lors de guerres qui ont suivi, en particulier les invasions vikings. En 934, Turpion, évêque de Limoges, décide de reconstruire ce sanctuaire et d'y établir une communauté de moines bénédictins, c'est ce qui marque la fondation de l'abbaye. Du Xe siècle au XIIe siècle elle connaît son apogée. Cette période est marquée par de nombreuses réalisations architecturales, et l'une des constructions est d'ailleurs inaugurée par Aliénor d'Aquitaine et son fils Richard Cœur de Lion, de passage à Limoges. L'abbaye se revendique alors comme seconde de Limoges derrière l'abbaye Saint-Martial, tirant du prestige d'être le lieu où les évêques de Limoges sont inhumés. Le clergé régulier connaît un déclin vers la fin du Moyen Âge. Au début du XVIe siècle, l'abbaye passe sous le régime de la commende, c'est-à-dire que les abbés ne sont plus choisis par les religieux mais par le roi, ce qui les rend moins concernés par les affaires religieuses que par les bénéfices de l'abbaye. Tous ces phénomènes font qu'à la fin du XVIe siècle, l'abbaye est pratiquement déserte. À partir de 1594, l'abbé Jean Regnault a beau être commendataire, il décide de s'investir dans son rôle et insuffle un second souffle à l'établissement. En 1613 il fait adhérer l'abbaye à la congrégation de Saint-Vanne et Saint-Hydulphe, une congrégation récente portée sur l'étude et l'érudition. Et seulement quelques années après, en 1621, il s'en sépare et place l'abbaye parmi les membres fondateurs de la congrégation de Saint-Maur, qui est semblable à la précédente à la différence qu'elle est française. De plus, par une faveur spéciale, le roi renonce à appliquer la commende à l'abbaye vers 1630, quoique cela ait été annulé par la suite en 1763. À la Révolution il reste dans l'abbaye une douzaine de religieux. Elle est vendue comme bien national. Puis elle est puis achetée par l'État en 1811 pour en faire une maison d'arrêt. Par la suite, vers 1872, elle devient une caserne. Ce qui restait du bâtiment est finalement démoli par des travaux en 1940.

1. Liste des abbés


1. Références

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Lieux à Proximité Voir Menu
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197 m

Cité des Coutures

La cité des Coutures est un ensemble de logement social de la ville de Limoges, située dans le département français de la Haute-Vienne.
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218 m

Four des Casseaux

Le four des Casseaux est un four à porcelaine situé dans la commune de Limoges, dans la Haute-Vienne. Son volume de 80 mètres cubes permettait de cuire simultanément 15 000 pièces de porcelaine. Il est le seul, parmi les cinq vestiges de fours ronds encore présents à Limoges, à être classé monument historique, sous le nom d'ancien four à porcelaine G.D.A., et accessible au public. Témoignage rare de l'intense activité de production de porcelaine de Limoges du début du XXe siècle, il s'agit du dernier grand four rond dit « à flamme renversée » présent en France. Il est ouvert à la visite, et constitue un site patrimonial et touristique de premier plan de la ville. Son nom actuel lui a été donné consécutivement à l'engagement de son projet de valorisation ; il découle du nom du quartier situé en bordure de la Vienne.
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377 m

Gare de Limoges-Bénédictins

La gare de Limoges-Bénédictins est une gare ferroviaire française, la principale des deux gares de la commune de Limoges, dans le département de la Haute-Vienne, en région Nouvelle-Aquitaine. Principal nœud du Limousin, avec 1,6 million de voyageurs annuels, elle est située au cœur d'une étoile ferroviaire à huit branches, au carrefour de quatre lignes la reliant à Paris via Châteauroux et Orléans, Toulouse via Brive et Montauban, Poitiers via Le Dorat, Angoulême et Périgueux. Elle est également une gare routière régionale. Ouverte en 1856 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, à la mise en service du prolongement vers le sud de la ligne venant d'Orléans au-delà d'Argenton-sur-Creuse, une première gare demeure en service plus de soixante-dix ans. Elle est remplacée par le bâtiment actuel, inauguré en 1929. Chef-d’œuvre éclectique d'architecture régionaliste et symbole de la ville, l'esthétique de celui-ci emprunte autant à un Art nouveau tardif, qu'à l'Art déco et au néo-classicisme, et à ce titre fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 15 janvier 1975. La gare de Limoges-Bénédictins est désormais une gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), desservie par les trains des réseaux Intercités et TER Nouvelle-Aquitaine.
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424 m

L'Abbessaille

L'Abbessaille est un petit quartier de la ville de Limoges, situé au bord de la Vienne, au pied du quartier historique de la Cité. Situé en contrebas des murs de soutènement des jardins de l'Évêché, il est caractérisé par un habitat ancien, dense, et un enchevêtrement de petites ruelles étroites souvent en pente. De taille très réduite (moins d'un hectare), il constitue la seule portion subsistante de l'ancien quartier populaire de la rive droite de la Vienne, dont une partie a été détruite vers 1900 pour des raisons hygiénistes, puis le reste dans les années 1970 (quartier du Naveix) pour laisser place à des équipements modernes (patinoire municipale, pénétrante routière). Portail de Limoges Portail de la Haute-Vienne Portail du Limousin