La pyramide de Khendjer est de type à faces lisses et se situe à Saqqarah. Le monument a été fouillé entre 1929 et 1931 par Gustave Jéquier. Le complexe est fortement ruiné et il ne reste de la pyramide qu'un petit massif de briques, les infrastructures de la pyramide principale et de la petite pyramide ainsi que les fondations de deux enceintes, une en pierre et l'autre en briques. Le temple funéraire et une petite chapelle n'ont laissé que quelques traces, le temple de la vallée n'a jamais été retrouvé.

1. Architecture


1. = Le complexe funéraire =

La pyramide était entourée d'un premier mur d'enceinte à redans en pierre et d'un deuxième mur d'enceinte en briques, sans doute à redans lui aussi. Le complexe de Sésostris III, souverain de la XIIe dynastie était ainsi composée de deux enceintes à redans, une en pierre et l'autre en briques. Une petite chapelle funéraire était accolée à la face nord de la pyramide ainsi qu'un temple funéraire sur la face est, délimité par la seconde enceinte. Une petite pyramide était située dans l'angle nord-est entre la première et la deuxième enceinte.

1. = La pyramide =

La pyramide devait avoir, avec son revêtement, une base de 52,50 mètres, une hauteur de 37,35 mètres et une inclinaison de 55°. Elle était surmontée par un pyramidion de granit noir, pyramidion visible aujourd'hui au Musée du Caire. L'entrée des souterrains était située sous le parement de la face ouest. Un premier escalier aboutit à un premier système de fermeture avec herse. Cette dernière est encore dans son logement d'attente malgré la pente du sol qui devait lui permettre de glisser et de clôturer le passage. Ensuite, un deuxième escalier aboutit à une porte à deux battants ouvrant sur un palier horizontal, palier donnant sur un deuxième système de fermeture avec herse qui n'a pas non plus fonctionné. Le palier suivant mène à une antichambre dont l'accès à un couloir était dissimulé sous le dallage du sol. Ce couloir permet d'accéder au caveau qui est un monolithe de quartzite pesant une soixantaine de tonnes, évidé de manière à le compartimenter : le cercueil, la caisse à canopes et l'emplacement pour le mobilier funéraire.

Le caveau était scellé par un ingénieux système de fermeture aussi présent à la pyramide de Hawara, à la pyramide inachevée de Saqqarah sud ainsi qu'à la pyramide sud de Mazghouna. Le couvercle du sarcophage était en attente, posé sur deux blocs de pierre, eux-mêmes posés sur deux coussins de sable. Il suffisait de retirer le sable pour abaisser le couvercle. Il a été trouvé vide, la pyramide ayant été pillée dès la plus haute antiquité.

1. = La petite pyramide =

L'entrée était située sous le parement de la face est. Les souterrains comportaient deux herses dont la mise en œuvre était similaire à celles de la pyramide de Khendjer. Elles scellaient l'accès à deux caveaux qui n'ont jamais été occupés, les couvercles des sarcophages étant encore dans leur position d'attente.

1. = Particularités du complexe funéraire =

Le système de fermeture, très élaboré, du sarcophage de la pyramide ; Les systèmes de fermeture avec herses ; Le pyramidion en granit noir découvert et reconstitué par Gustave Jéquier ; Les murs d'enceintes à redans, typiques des complexes funéraires du Moyen Empire.

1. Références bibliographiques

Gustave Jéquier, Deux pyramides du Moyen-Empire, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, 1933 (lire en ligne) ; Iorwerth Eiddon Stephen Edwards, Les pyramides d'Égypte, 1999 ; Jacques Vandier, Manuel d'archéologie égyptienne, vol. I, II, III ; Dieter Arnold, The pyramid complex of Senwsret III at Dahshur, 2003. Keith Hamilton, The Pyramid of Khendjer Userkare A Layman's Guide, 2020

1. Notes et références

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Lieux à Proximité Voir Menu
156 m

Pyramide SAK S3

La pyramide SAK S3 se situe au sud de Saqqarah en Égypte, près de la pyramide de Khendjer. SAK S3 (Saqqara Sud 3) est le nom provisoire et moderne d'une pyramide égyptienne, qui a été repérée par l'équipe allemande du Deutsches Archäologisches Institut au nord de la pyramide de Khendjer au printemps 2006 lors d'une enquête de terrain à Saqqara Sud. La structure apparaît sur certaines cartes anciennes comme une colline, sans être identifiée comme une pyramide. Elle est datée avec une certaine certitude de la XIIIe dynastie.
271 m

Pyramide inachevée de Saqqarah sud

La Pyramide inachevée de Saqqarah sud est de type à faces lisses et se situe à Saqqarah à peu de distance et à l'ouest de la pyramide de Khendjer. On ne sait toujours pas à qui fut destinée cette sépulture datant très probablement de la XIIIe dynastie. Le monument fut exploré et fouillé par Gustave Jéquier entre 1929 et 1930. Très endommagées et toujours méconnues, les ruines révèlent pourtant l'infrastructure la plus complexe jamais élaborée pour un souverain depuis le règne de Khéops, intégrant toutes les innovations faites par les architectes égyptiens durant la XIIe dynastie.
356 m

Pyramide SAK S7

La pyramide SAK S7 se situe au sud de Saqqarah en Égypte, près de la pyramide inachevée de Saqqarah sud. Il s'agit d'un monument repéré par l'équipe allemande du Deutsches Archäologisches Institut. Aucune étude n'a encore permis de confirmer la forme du monument.
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1.1 km

Mastaba de Chepseskaf

Le mastaba el-Faraoun est le nom donné par les Égyptiens contemporains au tombeau de Chepseskaf, dernier souverain de la IVe dynastie. Ce tombeau marque un tournant dans l'édification des tombes royales de l'Ancien Empire. En effet, depuis la IIIe dynastie chaque pharaon se fait édifier un complexe funéraire dont le principal monument est une pyramide qui atteint avec la IVe dynastie des proportions colossales et une perfection géométrique qui force l'admiration depuis l'Antiquité. Non seulement Chepseskaf rompt avec le choix de ses prédécesseurs de bâtir le complexe funéraire en face d'Héliopolis, en faisant établir le sien propre à Saqqarah, mais plus encore la rupture semble être complète par l'édification non plus d'une pyramide mais d'un gigantesque mastaba qui néanmoins est inclus dans un complexe funéraire. Ce fait est diversement interprété par les égyptologues. Certaines théories penchent en faveur d'un complexe inachevé en raison de la brièveté du règne ce qui expliquerait que la plupart des éléments du complexe sont en briques crues. D'autres militent pour une remise en question du dogme héliopolitain, le choix de la forme du monument, qui s'apparenterait soit à une reproduction du sanctuaire primitif de Bouto soit à un gigantesque sarcophage démontrant une volonté affichée du roi de se rapprocher du mythe osirien. Quoi qu'il en soit, ce tombeau à l'écart des sentiers battus reste une œuvre typique de la IVe dynastie par la disposition des appartements funéraires royaux, le choix des matériaux de construction et de revêtement du monument ou encore par le plan du complexe funéraire dans son ensemble.