La manifestation du 25 mars 2023 à Sainte-Soline, aussi appelée affrontements à Sainte-Soline ou bataille de Sainte-Soline, est une manifestation écologiste en France. Elle a pour enjeu la construction d'une retenue de substitution ou méga-bassine sur la commune de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres. Elle s'inscrit dans le mouvement d'opposition aux méga-bassines et aux conflits d'usage de la ressource en eau.
Environ 30 000 personnes répondent à l'appel d'organisations écologistes, notamment le collectif Bassines non merci, Les Soulèvements de la Terre et la Confédération Paysanne qui demandent l'arrêt du chantier. Face à eux, 3 000 gendarmes sont mobilisés pour empêcher l'accès à la méga-bassine et un périmètre d'interdiction de manifester est décrété dans la zone.
Le bilan humain est lourd : plus de 200 manifestants blessés avec de nombreux traumatismes physiques et psychologiques, 47 gendarmes blessés. Les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre causent des destructions matérielles et ont des répercussions politiques et médiatiques importantes. L'usage de la force par certains manifestants, notamment ceux utilisant la tactique du black bloc, est largement dénoncée par les médias et le gouvernement. Le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin qualifie les manifestants d'éco-terroristes et le gouvernement prononce le 21 juin la dissolution des Soulèvements de la Terre ; elle est suspendue en août puis annulée par le Conseil d’État en septembre.
La manifestation relance le débat sur les violences policières et l'utilisation d'armes comme les LBD et les grenades GM2L. Des organisations comme la Ligue des droits de l'Homme dénoncent la répression policière et accusent les forces de l'ordre d'avoir délibérément empêché les secours de venir porter assistance aux blessés. Une enquête de l'IGGN sur des tirs de LBD effectués par des gendarmes en quad conclut à un usage en légitime défense.
La version de la gendarmerie et du gouvernement d'une réponse proportionnée est mise à mal par un reportage de Complément d’enquête montrant que les forces de l'ordre ont tiré des grenades lacrymogènes sur des manifestants pacifiques dès le début de la mobilisation. En novembre 2025, la polémique reprend avec la publication par Mediapart et Libération de vidéos des caméras-piétons des forces de l'ordre, qui montrent des tirs tendus illégaux sur les manifestants et des gendarmes les insultants ou se félicitant de les avoir blessés. Une enquête administrative est ouverte.
Plusieurs personnes sont arrêtées et jugées en juillet 2023 puis en septembre 2023 ; sept militants sont condamnés à de la prison avec sursis et Loïc Schneider écope de 6 mois de prison ferme. Un an et demi plus tard, en décembre 2024, l'autorisation de construction de la retenue de substitution de Sainte-Soline est déclarée illégale par la justice.