La pyramide de Khouit II est située au nord-est de la pyramide du pharaon Téti, dont elle fut l'une des grandes épouses royales. Elle fait partie intégrante de la nécropole bâtie à l'époque de Téti autour de son complexe pyramidal à Saqqarah. Elle a été découverte par Victor Loret qui fouilla la nécropole de la pyramide de Téti entre 1897 et 1899 puis fut à nouveau explorée près d'un siècle plus tard par Vito Maragioglio et Celeste Rinaldi. En raison de son état de ruine les conclusions de ces premières explorations étaient alors qu'il s'agissait d'un mastaba. Depuis, oubliée et disparue à nouveau sous les sables, elle n'a été remise au jour qu'en 1995 lors de fouilles plus exhaustives menées par le Conseil suprême des Antiquités égyptiennes et dirigées alors par Zahi Hawass, révélant que le monument avait bien été conçu comme une pyramide.

1. Le complexe funéraire

La pyramide occupait le centre d'un petit complexe funéraire dédié à la reine et dont les fouilles ont révélé un péribole, ainsi qu'un petit temple funéraire accolé à l'est de la pyramide. L'accès au complexe se faisait par le sud-est de l'enceinte et distribuait un plan en « L » inversé. La partie d'accueil du temple devait se développer sur la face sud de la pyramide de la reine, mais son état de ruine complète ne permet pas d'en établir le plan précis. On peut raisonnablement restituer au moins une cour cérémonielle destinée à la présentation des offrandes quotidiennes nécessaires pour assurer le culte funéraire de la défunte, ainsi que des magasins pour les stocker. La partie réservée au culte était développée sur un axe nord-sud contre la face est de la pyramide. Constituée d'une salle à trois niches et d'une salle abritant la stèle fausse porte de la reine avec une table d'offrandes indiquant les titres et le nom de la reine, elle comportait également trois magasins dont la fonction était d'abriter le matériel du culte. Un corridor partant de la salle aux trois niches longeait le sanctuaire vers le nord et débouchait sur le péribole de la pyramide. Des vestiges de décorations murales représentant les traditionnels défilés de porteurs d'offrandes ont été retrouvés dans les parties d'accueil du temple ainsi que des scènes de la vie idéale que la défunte devait mener dans l'au-delà en compagnie de son époux devenu un nouveau dieu. Les scènes couvrant les murs du sanctuaire, associaient la reine au culte de la déesse Hathor en compagnie de laquelle Khouit est représentée. Les restes du programme décoratif du temple funéraire de Khouit II, dont certaines scènes restent inédites, permettent d'éclairer le rôle joué par cette dernière auprès du roi y compris dans le royaume d'Osiris.

1. La pyramide

D'une base d'environ vingt mètres de côté, l'état du monument ne permet cependant pas d'en évaluer avec certitude le volume initial. Par comparaison avec la pyramide de la reine Ipout Ire, bâtie non loin et contemporaine, on suppose qu'elle devait atteindre les vingt mètres de hauteur. Sur sa face nord s'ouvrait la descenderie menant directement à la chambre funéraire située à l'aplomb de la pyramide avec à l'est de cette dernière un magasin ou serdâb, élément que l'on retrouve dans les pyramides royales de cette période. Au moment de la fouille, la chambre funéraire contenait encore le sarcophage externe de la reine en granite rouge d'Assouan. Bien que l'ensemble du complexe paraisse beaucoup moins développé que d'autres pyramides de reines connues pour cette dynastie ou pour la Ve dynastie, la pyramide de Khouit n'en possède pas moins tous les éléments nécessaires au culte funéraire de la reine et son caveau apparaît comme une copie en modèle réduit et dépourvu de textes de pyramide de celui de son époux.

1. Bibliographie

Audran Labrousse, « Les reines de Téti, Khouit et Ipout Ire : Hommages à Jean Leclant », Recherches architecturales, Le Caire, IFAO, no 1,‎ 1994, p. 231-243 ; Zahi Hawass, Recent discoveries in the pyramid complex of Teti at Saqqara : Abusir and Saqqara in the year 2000, Prague, 2000, p. 413-444.

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34 m

Pyramide d'Ipout Ire

La pyramide d'Ipout Ire est située au nord-est du complexe pyramidal de Téti à Saqqarah. Elle a été découverte par Victor Loret qui fouilla la nécropole de la pyramide de Téti entre 1897 et 1899 puis explorée à nouveau par Cecil Mallaby Firth lors de sa campagne de fouilles à Saqqarah entre 1920 et 1930. Ce complexe funéraire présente des singularités qui démontrent que le monument a subi de profondes modifications de structure signalant que la personnalité à laquelle il était dédié eut un destin hors du commun.
58 m

Pyramide de Menkaouhor

La pyramide de Menkaouhor est une pyramide à faces lisses située au nord de Saqqarah en Égypte. Jusqu'en 2008, elle portait le nom de pyramide no XXIX de Lepsius donné par son découvreur Karl Richard Lepsius, ou encore de pyramide décapitée. Au terme de fouilles menées en 2008 par Zahi Hawass, elle est attribuée au pharaon Menkaouhor, de la Ve dynastie, sur la base de critères architecturaux, aucune inscription n'ayant été retrouvée. Le bâtiment est situé à l'extrême nord de la nécropole de Saqqarah, à l'est de la pyramide de Téti.
66 m

Pyramide de Sechséchet

La Pyramide de Sechséchet est une pyramide d'Égypte à Saqqarah.
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112 m

Mastaba de Mérérouka

Le mastaba de Mérérouka est situé au nord de la pyramide de Téti à Saqqarah. C'est un vaste mastaba dont le plan complexe réunit en une véritable tombe familiale, sa femme Ouatet-Khethor, appelée également Sechséchet, fille du roi, ainsi que leur fils Méri-Téti. En tout, trente-deux salles sont réparties en trois groupes qui s’articulent à l’ouest et au nord d’un ensemble de pièces en enfilade débouchant sur une grande salle dont le plafond est soutenu par six piliers massifs. Elle comprend, aménagée dans son mur nord, une niche abritant une remarquable statue de Mérérouka dont l'originale est désormais conservée au Musée du Caire. Figuré debout les bras le long du corps, la main droite posée sur le devant de son pagne, la gauche enserrant un rouleau, signe d’une autorité royale déléguée, le défunt est paré d’une perruque ronde bouclée, d’un gorgerin lui couvrant les épaules et de bracelets aux poignets. Sa jambe gauche est avancée simulant le geste de la marche de telle sorte qu'il semble sortir du mur et s’avancer vers le visiteur. À ses pieds devant lui se trouve une grande table d’offrande taillée en forme de signe « hotep » dans un bloc d’albâtre, placée sur un piédestal auquel on pouvait accéder par un petit escalier de quatre courtes marches. La niche est encadrée par un tore et historiée de hiéroglyphes indiquant les formules qu’il convenait de réciter en l’honneur du mort ainsi que le détail des biens qui lui fallait pour lui assurer une vie prospère dans l’au-delà. Le décor tout entier de la salle et plus généralement de l’ensemble de l’édifice reprend ce principe en dépeignant les scènes de la vie quotidienne de domaines méticuleusement exploités pour le compte du maître des lieux. De part et d’autre de la niche, deux représentations de Mérérouka accompagné de son épouse figurée à plus petite échelle assistent au spectacle qui se déroule sous ses yeux. D’un côté une scène de fête où s’égayent danseuses, musiciens et convives. Vers la gauche, un long défilé des troupeaux de bovin tandis qu’en bas est représenté le gavage des hyènes. En plus de leur aspect narratif et d’une profusion de détails touchant au pittoresque, ces reliefs peints avaient une valeur symbolique. Ainsi des chasses et pêches dans les fourrés de papyrus ou le désert, symbolisent la maîtrise de la nature désordonnée. Ses animaux sauvages sont capturés et ramenés vivants. Ils seront gardés ou gavés, assurant ainsi la prospérité du domaine qui symbolise le pays tout entier. De même de grandes scènes montrant les travaux des champs depuis le semis jusqu’à la récolte outre leur aspect descriptif symbolisent par la succession des scènes les trois saisons qui rythmaient la vie au bord du Nil. Mérérouka figuré plusieurs fois souvent dans l’attitude de la marche, rappelant ainsi la statue dans la niche, semble ainsi être le cœur de cet univers symbolique, son apparition étant à chaque fois placée en meilleure position dans chaque scène. Le reste du mastaba est occupé par différentes salles également historiées et des magasins laissés vierge de toute décoration. On y trouve une stèle fausse porte en granite rouge placée au fond d’une pièce précédant la grande salle à piliers ainsi qu’un serdab qui contenait autrefois une autre statue de Mérérouka. La complexité du monument ainsi que son décor en font l'un des exemples les plus aboutis et achevés des tombes de courtisans de l'Ancien Empire.