Le musée Bert Flint ou parfois connu sous le nom de musée Tiskiwin est situé à Marrakech près du palais de la Bahia. Ce musée est une ancienne demeure de Bert Flint, datant du début du XXe siècle, devenue un musée consacré à l'artisanat marocain depuis 1996 .

1. Bert Flint

Bert Flint est né à Utrecht aux Pays-Bas en 1931. Ses études d’histoire de l’art l’encourage à voyager. Il était un professeur néerlandais d'histoire de l'art et un voyageur fasciné par le Maroc et sa culture, et ce, pendant plus de 50 ans. C'est à l'occasion d'une visite à l’Alhambra de Grenade qu'est né l'intérêt pour l’Histoire de la civilisation d’Al Andalous. Il effectue son premier voyage au Maroc en 1954, et apprécié l’architecture et la décoration de nombreuses demeures privées dans les villes anciennes du pays qui se rattachent à la même tradition artistique que celle de l’Alhambra. Ses rencontres, en 1955 d’abord, à Tanger avec l’artiste peintre Mohamed Melehi et Mohammed Benaissa, fondateur du Moussem d’Asilah, et ensuite avec l'artiste-peintre Jacques Azema à Marrakech, seront décisives dans son parcours. Flint décide de s’installer à Marrakech dès 1957 et débute comme enseignant de langues espagnole et anglaise au Lycée Mohammed V à Marrakech. En 1965 il entre à l’Ecole des Beaux-Arts de Casablanca où il enseignera durant deux ans. A cette époque, il constitue une collection de bijoux, tissages, bois sculptés qu'il expose en 1967 à la Coupole, à Casablanca. Au cours des années 1960, il contribue aux revues Souffles et Maghrebarts, traitant surtout des thèmes comme l’art traditionnel marocain et l’art rural. Au fil de les pérégrinations à travers le Maroc -notamment les montagnes de l’Atlas- Bert Flint va progressivement se transformer en défenseur passionné de la culture rurale marocaine. « Flint usait de tous les moyens possibles et imaginables pour aller à la recherche de nouvelles acquisitions, il était comme hypnotisé », évoque Mohamed Chabâa. Et d’ajouter : « parfois même, il se déplaçait à dos de mulet dans les endroits les plus reculés et les plus inaccessibles à la recherche de nouveaux bijoux ». En 1996, la demeure à Marrakech du professeur Flint devient un musée privé mettant en valeur le savoir-faire marocain. Il lui donne le nom de Tiskiwin, qui est le nom d'une danse mauresque. Bert Flint est décédé dans sa maison-musée, à l'âge de 91 ans le 1er novembre 2022.

1. Présentation du musée

La maison Tiskiwin est "la face visible de l'amour que porte l'historien d'art, Bert Flint, pour le Maroc et ses arts." Il expose dans son riad de 2 000 m2 de type hispano-mauresque, décoré dans la plus pure tradition marocaine (murs en Tadelakt, décors sculptés ou peints, zelliges traditionnels, céramiques, etc.) sa vaste collection d'arts traditionnels et ruraux.

1. = Collections =

Passionné des arts populaires marocains, sa collection retrace ses années de recherche, d’acquisitions, de questionnements autour des traditions et savoir-faire ; le musée est à la fois musée d’art, d’arts décoratifs, d’artisanat ou d’ethnologie. Des objets d’une grand valeur esthétique et patrimoniale sont présentés, accompagnés de notices précises et rigoureuses permettant leur contextualisation. La collection comprend essentiellement des éléments de la parure des différentes ethnies et peuplades qui s’établissaient le long de l’ancienne «route de l’or », sur les pistes du commerce transsaharien. L’art de la parure est le fil directeur du musée et invite à découvrir les diverses cultures que traversaient les routes commerciales et les interactions qu’il a pu y avoir entre elles, liées au transit transsaharien des croyances, des techniques, etc. La visite s’effectue selon une gradation géographique sur le cheminement des pistes caravanières. La collection présente des instruments de musique, des costumes, des bijoux précieux, des meubles, des tapis berbères, d'anciens ustensiles et de nombreux objets d'artisanat d'art berbère, provenant principalement de la vallée du Souss et de la région saharienne. Au travers de ses collections, c'est l'apport africain et sub-saharien que Bert Flint a mis en exergue .

1. = Analyses =

Au fil de ses 50 années de recherche, Flint s'est notamment attaché à analyser le symbolisme transmis par une pièce d’art et son motif décoratif, la transmission des savoirs faire, des croyances et des techniques à travers l’histoire entre les différentes entités culturelles et ethniques de la zone saharienne et péri saharienne. Il est le seul à avoir mené un tel travail de recherches ethnographique sur l’art rural du Maroc

1. = Documents =

Un livret très complet est remis à chaque visiteur. Il permet de bien se repérer géographiquement et historiquement et est indispensable pour une bonne compréhension de la visite.

1. = Au Musée Saint-Laurent =

Une grande partie de sa collection de tapis a été cédée à la Fondation Jardin Majorelle et est exposée dans des expositions temporaires au musée Yves Saint Laurent de Marrakech.

1. Autre musée Flint

Un second musée Flins existe à Agadir où est présentée une seconde partie de la collection.

1. Voir aussi

Musée de Marrakech Musée Dar Si Saïd Musée d'art islamique de Marrakech Maison de la Photographie de Marrakech Marrakech

1. Références

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Lieux à Proximité Voir Menu
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79 m

Palais Dar Zniber (Marrakech)

Le palais ou riad Dar Zniber (دار زنيبر, en arabe) est un ancien palais de la fin du XIXe siècle de style hispano-mauresque / islamique, à Marrakech au Maroc. Il s'agissait de la demeure de l’amīn (surintendant des finances), mûhtassib de Marrakech et vizir slaoui Mohammed Ben Abdelhadi Zniber II lorsque la cour du Sultan était établie à Marrakech. Situé rue Riad Zitoun el Jdid, le palais Zniber est adjacent au Palais de la Bahia. Durant le Protectorat français au Maroc, il accueillait le Bureau régional de Marrakech. Il abrite actuellement le restaurant "Musée de l'art culinaire marocain" (Moroccan culinary arts museum, en anglais) objet de controverses et d'une affaire de cession illégale de patrimoine historique et d'accaparement de biens de l'État en cours depuis 2019.
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130 m

Musée Dar Si Saïd

Le musée Dar Si Saïd (arabe : متحف دار السي سعيد) est un musée situé à Marrakech, entièrement consacré à l'artisanat marocain du bois. Cette grande demeure a été construite à la fin du XIXe siècle par Si Saïd, frère de Ba Ahmed, chambellan du sultan Moulay Hassan Ier et grand vizir de Moulay Abdelaziz, pour lui servir de résidence. Dar Si Saïd a été aménagé en musée en 1932 par l’Administration des Beaux Arts. L'essentiel des collections de ce musée régional provient de Marrakech et du sud et particulièrement du Tensift, du Souss, du Haut Atlas, de l'Anti-Atlas, du Bani, du Tafilalet. Il s'agit d'ensembles homogènes de boiseries, de bijoux du sud, de poterie et céramique, d'armes, costumes et une riche collection de tapis et tissages du Sud, et quelques pièces archéologiques dont la cuve en marbre du début du XIe siècle.
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222 m

Palais de la Bahia

Le palais de la Bahia (قصر الباهية, en arabe, ⵜⴰⴳⴰⴷⵉⵔⵜ ⵏ ⵍⴱⴰⵀⵢⴰ, en berbère, Bāhiya, la belle, la brillante) est un ancien palais du XIXe siècle de huit hectares de style mauresque / islamique, à Marrakech au Maroc. Actuel musée, il est un des chefs-d'œuvre de l'architecture marocaine et de l'art marocain, un des monuments majeurs du patrimoine culturel du pays, et un des principaux lieux de tourisme au Maroc. On attribue à l'architecte Si Mohammed El Mekki (1857-1926), élève du capitaine Erckman, chef de la mission française à Marrakech, l'essentiel des travaux.
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272 m

Synagogue Salat Al Azama (Marrakech)

La synagogue Salat al-Azama ou Slat el Azama, Al Zama ou Lazama (en hébreu : בית הכנסת צלאת אל עזמה ; en arabe : كنيس صلاة العزامة) est une synagogue située dans la ville de Marrakech, au Maroc. Initialement bâti en 1492, année du décret de l'Alhambra qui a expulsé les Juifs d'Espagne, le bâtiment actuel date du tournant des XIXe et XXe siècles. Il est situé dans le mellah (quartier juif) de la médina de Marrakech et se compose d'un ensemble de bâtiments entourant un grand patio central bien entretenu. Les Juifs de Marrakech la considèrent comme la plus ancienne synagogue de la ville. Son nom signifie « synagogue des dissidents ». La synagogue est actuellement occupée par une famille musulmane, qui en prend soin. Selon la légende, la synagogue a été construite à l'époque du Second Temple par des Juifs qui n'avaient jamais vécu en Eretz Israël et n'avaient pas été témoins de la destruction du Temple. Par conséquent, ils n'ont pas appliqué les rituels et les interdictions qui affectent les autres Juifs et ont consommé de la viande pendant la période comprise entre le 17 Tammuz et le 9 Av (les dates auxquelles, selon la tradition, les deux temples ont été détruits). Le côté a été rénové après les années 1950, avec l'ajout d'une aile pour les femmes (ezrat nashim), fait unique au Maroc où la tradition veut que les femmes demeurent dans une pièce séparée à l'entrée de la synagogue. Le coffre en bois d'origine a été remplacé par un coffre en marbre, qui se trouve à côté du mur oriental. Les notes dessinées dans les années 1950 par l'architecte Yaacov Finkerfeld démontrent que l'espace mentionné ci-dessus n'existait pas pour les femmes et que l'intérieur était divisé en deux nefs par quatre colonnes. Les murs sont peints. À l'étage supérieur, il y a une yeshiva (école talmudique) et une cafétéria caritative dans un centre communautaire.