Le palais de la Bahia (قصر الباهية, en arabe, ⵜⴰⴳⴰⴷⵉⵔⵜ ⵏ ⵍⴱⴰⵀⵢⴰ, en berbère, Bāhiya, la belle, la brillante) est un ancien palais du XIXe siècle de huit hectares de style mauresque / islamique, à Marrakech au Maroc. Actuel musée, il est un des chefs-d'œuvre de l'architecture marocaine et de l'art marocain, un des monuments majeurs du patrimoine culturel du pays, et un des principaux lieux de tourisme au Maroc. On attribue à l'architecte Si Mohammed El Mekki (1857-1926), élève du capitaine Erckman, chef de la mission française à Marrakech, l'essentiel des travaux.

1. Historique


1. = Vizir Si Moussa =

Entre 1866 et 1867 Si Moussa (ou Sī Mūsā), puissant et richissime grand Vizir du Sultan Hassan Ier du Maroc (1836-1894) fait construire la partie nord de ce vaste palais de 8 000 m2, sous forme d'un vaste riad (le plus grand, le plus imposant, et le plus fastueux palais du Maroc de son époque) au sud-est de la médina de Marrakech (centre historique) à proximité des place Jemaa el-Fna, jardin de Ménara, jardins de l'Agdal, Palais El Badi, et Palais royal de Marrakech..., par l’architecte marocain Mohammed al-Makki.

1. = Vizir Ahmed ben Moussa =

Ahmed ben Moussa (1841-1900, fils héritier successeur de Si Mussa au titre de grand Vizir) règne sur le Maroc de 1894 à sa disparition en 1900, en tant que régent du jeune Sultan Abd al-Aziz du Maroc (1878-1943). Durant son règne, Ahmed ben Moussa fait agrandir la partie sud de ce palais officiel, ou il réside avec ses quatre femmes officielles, son harem de 24 concubines, et leurs nombreux enfants. Le palais est baptisé du nom de sa maîtresse favorite, la Bāhiya « la belle, la brillante ». Dans son ouvrage Marrakech des origines à 1912, l'historien Gaston Deverdun (1906-1979) note que l’amīn Mohammed Ben Abdelhadi Zniber II aida le chambellan Bahmad à élever et agrandir le Palais de la Bahia pour loger sa famille et ses nombreux serviteurs.

Construit, décoré, et aménagé par les meilleurs savoir-faire des meilleurs artisans du pays de l'époque, avec des successions de nombreuses cours, cours d'honneur de 50 × 30 m, appartements, salons, chambres, enchevêtrés en labyrinthe, avec mosquée, école coranique, harem, hammam, écuries, jardin islamique, jardins andalou-hispano-mauresque, et fontaines, proche des « jardins du Palais de la Bahia » avec immense jardin potager et verger d'oliviers, palmiers, datiers, grenadiers, pamplemoussiers, citronniers, et orangers...

À la disparition du Vizir ben Moussa en 1900, le jeune Sultan Abd al-Aziz du Maroc (1878-1943) commence son règne sur le Maroc et ordonne le pillage du palais. Après l'instauration du protectorat français au Maroc, le général Lyautey, résident général de France au Maroc, en fait son lieu de résidence personnel à partir de 1912, et une résidence d'officiers militaires français. Il y fait installer électricité, chauffage, et cheminées.
À ce jour, le palais est ouvert au public à titre de musée, ainsi que pour des concerts de musique arabo-andalouse, et pour des expositions d'art. La famille royale du roi du Maroc y séjourne parfois dans une importante partie privée non ouverte au public.

1. Description

Le palais est étendu sur près de huit hectares, avec mosquée, mausolée, hammam, harem, écuries... Il est constitué d'une vaste succession d'environ 150 pièces richement décorées de marbre, de moucharabiehs, de sculptures et peintures sur bois de hêtre et de cèdre, de stuc, de zellige, des premiers vitraux du Maghreb, abritées dans des bâtiments hétéroclites, plusieurs fois modifiés au cours du temps, organisés autour de nombreuses cours, patios, jardin islamique et jardins andalou-hispano-mauresque verdoyants, luxuriants, rafraîchissants, plantés d'orangers, de bananiers, de cyprès, d'hibiscus, de jasmins..., irrigués par khettaras...

La Grande Cour

Au nord de la Grande Cour se trouve une autre vaste cour connue sous le nom de Grand Riad ou Grand Riad. Avec ses chambres adjacentes, il est la partie la plus ancienne du palais et date de l’époque du père de Ba Ahmed, Si Musa.La cour est occupée, comme son nom l’indique, par un très grand jardin de riad qui est encore planté d’arbres du XIXe siècle. Le jardin est flanqué à l’est et à l’ouest par deux grandes salles avec une excellente décoration et une inscription qui date de leur construction à 1866-67.

1. Au cinéma

1964 : Cent mille dollars au soleil, d'Henri Verneuil et Michel Audiard (scène finale dans la grande cour d'honneur, avec Jean-Paul Belmondo et Lino Ventura).

1. Bibliographie

Pierre Champion, Le Maroc et ses villes d'art, Tanger, Fès, Meknès, Rabat et Marrakech, H. Laurens, Paris, 1927. Patrick Manac'h, Hamid Mergani, Palais de la Bahia, Maison de la Photographie de Marrakech, Les Editions Limitées 2015 (ISBN 978-9954-35-260-1).

1. Notes et références


1. Voir aussi

Tourisme au Maroc - Liste du patrimoine mondial au Maroc Histoire du Maroc - Culture du Maroc - Artisanat marocain - Riad Civilisation islamique - Architecture islamique - Architecture mauresque - Arts de l'Islam - Jardin islamique

1. Liens externes

www.bahia-palace.com

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Lieux à Proximité Voir Menu
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167 m

Synagogue Salat Al Azama (Marrakech)

La synagogue Salat al-Azama ou Slat el Azama, Al Zama ou Lazama (en hébreu : בית הכנסת צלאת אל עזמה ; en arabe : كنيس صلاة العزامة) est une synagogue située dans la ville de Marrakech, au Maroc. Initialement bâti en 1492, année du décret de l'Alhambra qui a expulsé les Juifs d'Espagne, le bâtiment actuel date du tournant des XIXe et XXe siècles. Il est situé dans le mellah (quartier juif) de la médina de Marrakech et se compose d'un ensemble de bâtiments entourant un grand patio central bien entretenu. Les Juifs de Marrakech la considèrent comme la plus ancienne synagogue de la ville. Son nom signifie « synagogue des dissidents ». La synagogue est actuellement occupée par une famille musulmane, qui en prend soin. Selon la légende, la synagogue a été construite à l'époque du Second Temple par des Juifs qui n'avaient jamais vécu en Eretz Israël et n'avaient pas été témoins de la destruction du Temple. Par conséquent, ils n'ont pas appliqué les rituels et les interdictions qui affectent les autres Juifs et ont consommé de la viande pendant la période comprise entre le 17 Tammuz et le 9 Av (les dates auxquelles, selon la tradition, les deux temples ont été détruits). Le côté a été rénové après les années 1950, avec l'ajout d'une aile pour les femmes (ezrat nashim), fait unique au Maroc où la tradition veut que les femmes demeurent dans une pièce séparée à l'entrée de la synagogue. Le coffre en bois d'origine a été remplacé par un coffre en marbre, qui se trouve à côté du mur oriental. Les notes dessinées dans les années 1950 par l'architecte Yaacov Finkerfeld démontrent que l'espace mentionné ci-dessus n'existait pas pour les femmes et que l'intérieur était divisé en deux nefs par quatre colonnes. Les murs sont peints. À l'étage supérieur, il y a une yeshiva (école talmudique) et une cafétéria caritative dans un centre communautaire.
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222 m

Musée Bert-Flint

Le musée Bert Flint ou parfois connu sous le nom de musée Tiskiwin est situé à Marrakech près du palais de la Bahia. Ce musée est une ancienne demeure de Bert Flint, datant du début du XXe siècle, devenue un musée consacré à l'artisanat marocain depuis 1996 .
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239 m

Palais Dar Zniber (Marrakech)

Le palais ou riad Dar Zniber (دار زنيبر, en arabe) est un ancien palais de la fin du XIXe siècle de style hispano-mauresque / islamique, à Marrakech au Maroc. Il s'agissait de la demeure de l’amīn (surintendant des finances), mûhtassib de Marrakech et vizir slaoui Mohammed Ben Abdelhadi Zniber II lorsque la cour du Sultan était établie à Marrakech. Situé rue Riad Zitoun el Jdid, le palais Zniber est adjacent au Palais de la Bahia. Durant le Protectorat français au Maroc, il accueillait le Bureau régional de Marrakech. Il abrite actuellement le restaurant "Musée de l'art culinaire marocain" (Moroccan culinary arts museum, en anglais) objet de controverses et d'une affaire de cession illégale de patrimoine historique et d'accaparement de biens de l'État en cours depuis 2019.
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268 m

Musée Dar Si Saïd

Le musée Dar Si Saïd (arabe : متحف دار السي سعيد) est un musée situé à Marrakech, entièrement consacré à l'artisanat marocain du bois. Cette grande demeure a été construite à la fin du XIXe siècle par Si Saïd, frère de Ba Ahmed, chambellan du sultan Moulay Hassan Ier et grand vizir de Moulay Abdelaziz, pour lui servir de résidence. Dar Si Saïd a été aménagé en musée en 1932 par l’Administration des Beaux Arts. L'essentiel des collections de ce musée régional provient de Marrakech et du sud et particulièrement du Tensift, du Souss, du Haut Atlas, de l'Anti-Atlas, du Bani, du Tafilalet. Il s'agit d'ensembles homogènes de boiseries, de bijoux du sud, de poterie et céramique, d'armes, costumes et une riche collection de tapis et tissages du Sud, et quelques pièces archéologiques dont la cuve en marbre du début du XIe siècle.