Le temple de Ptah d'Ousirmaât-Rê setep-en-Rê a été édifié par Ramsès II au sud de l'enceinte de l'Hout-ka-Ptah, enceinte principale du site de Memphis, non loin du grand colosse du roi exposé dans le musée en plein air de la ville de Mit-Rahineh.

1. Description et fouille

Découvert en 1959, l'édifice est aujourd'hui réduit à l'état de ses fondations ou premières assises car il a servi de carrière dès la fin de l'Antiquité. Ses blocs de calcaire ayant été prélevés pour l'édification d'autres monuments ou bien pour la production de chaux, son plan a toutefois pu être établi grâce à ses fondations restées sur place ainsi qu'aux élément de granite et de basalte abandonnés qui ponctuent ses principales parties. Orienté est-ouest, ses dimensions sont plus modestes que les autres édifices du règne découverts dans les environs. Il ouvrait par un pylône sur sa façade occidentale qui donnait dans une cour assez vaste précédant la zone du sanctuaire. Ce dernier semble avoir une distribution analogue au temple dédié à Ptah que le roi avait également fait édifier au sud de l'enceinte principale mais à l'opposé du présent site, vers l'ouest. L'état de ruine des chapelles ne permet pas d'en comprendre clairement la distribution et s'il est probable qu'il était tripartite, rien n'indique que chacune de ces chapelles ouvrait autrefois sur la cour. Elles pourraient tout aussi bien avoir été reliées entre elles, la chapelle axiale étant la pièce centrale du culte, tandis que les chapelles latérales en seraient donc des dépendances. Une indication en ce sens est la découverte dans la chapelle centrale d'une grande triade représentant le dieu Ptah encadré par Ramsès II et la déesse Sekhmet. La cour était dotée d'un portique à piliers en façade du sanctuaire, dont seules quelques bases ont pu être identifiées de part et d'autre de l'axe du temple et apparemment déplacées à une date ultérieure soit à l'occasion d'un remaniement de l'édifice soit lors de sa destruction, elles ne permettent pas là encore d'en saisir l'ordonnancement. Quoi qu'il en soit le plan de cet édifice n'est pas sans rappeler celui des temples reposoirs qui jalonnent les voies processionnelles, et il se trouve précisément qu'une telle voie en direction de l'enceinte principale de la cité a été identifiée non loin du petit temple . Le pylône du temple mesurait une quinzaine de mètres de large pour une épaisseur de trois. Sa porte centrale était constituée de deux montants et d'un linteau monolithiques en granite qui ont été retrouvés in situ renversés et abandonnés par les carriers qui ont pillé le site. Son élévation peut être restituée à près de sept mètres de hauteur, corniche surplombant le linteau comprise. Devant le pylône deux bases de granite ont été retrouvées. Elle supportaient autrefois deux colosses du roi dont l'un était presque intact au moment de sa découverte alors que le second était brisé en plusieurs morceaux. Reconstitué il a été déplacé avec son jumeau dans le musée en plein air du site un peu plus au nord. La qualité des sculptures indiquent que ces deux colosses sont des œuvres du Moyen Empire réemployées par Ramsès à l'occasion de la fondation de ce nouveau temple dédié aux dieux de Memphis.

1. Interprétation

La présence dans le sanctuaire d'une triade colossale et non d'un naos pouvant contenir une statue de culte est une indication supplémentaire dans l'identification de cet édifice avec une fondation dédiée par Ramsès à Ptah et Sekhmet et qui devait servir de temple reposoir lors des grandes processions religieuses de la cité. Le roi y aurait joué alors le rôle de l'enfant du couple formé par Ptah et Sekhmet, s'identifiant à Néfertoum, complétant ainsi la famille divine honorée dans ces lieux.

1. Notes et références


1. Bibliographie

David G. Jeffreys, The survey of Memphis, Londres, Journal of Egyptian Archaeology, 1985.

1. Voir aussi


1. = Articles connexes =

Memphis Ptah Sekhmet

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Temple d'Apis (Memphis)

Le temple d'Apis situé à Memphis est le principal temple égyptien voué au culte du dieu Apis. Dans les ouvrages des auteurs classiques ou des historiens traitant de ce sujet, il est parfois nommé Sérapéum égyptien par opposition au Sérapéum grec, ou encore Apiéum. Dieu de la fertilité, associé à Osiris et incarnation vivante du dieu Ptah, le dieu Apis apparaissait régulièrement sur terre sous la forme d'un taureau sacré qui, une fois reconnu par les prêtres parmi les troupeaux du pays, était amené au temple de Memphis au cours d'une cérémonie fastueuse pour y être vénéré toute sa vie durant.
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Memphis (Égypte)

Memphis (en arabe منف) était la capitale du premier nome de Basse-Égypte, le nome de la Muraille blanche. Ses vestiges se situent près des villes de Mit-Rahineh et d'Helwan, au sud du Caire. La légende, rapportée par Manéthon, raconte que Memphis fut fondée par le roi Ménès vers -3000. Capitale de l’Égypte durant tout l’Ancien Empire, elle est restée une cité importante tout au long de l'histoire égyptienne, placée sous la protection du dieu Ptah, le patron des artisans dont le temple était l’Hout-ka-Ptah (le « château du ka de Ptah »). C'est de ce terme, qualifiant la maison du dieu, que serait dérivé en grec le mot Αἴγυπτος / aíguptos, prototype du nom du pays en latin, Ægyptus. La ville occupe une place stratégique à l’entrée du delta du Nil et de ce fait regorge d’ateliers et de manufactures, notamment d’armes qui étaient conservées dans de grands arsenaux non loin du port principal de la ville, le Perou Nefer, dont les textes du Nouvel Empire vantent l’activité fébrile. Son histoire est étroitement liée à celle du pays et sa ruine est due, d’abord, à la perte de son rôle économique à la fin de l’Antiquité et la montée d’Alexandrie, puis à l’abandon de ses cultes à la suite de l’édit de Thessalonique.
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Nécropole memphite

La nécropole memphite est le nom donné à plusieurs nécropoles ayant été utilisées dans la région de Memphis. Si plusieurs sites sont utilisés dès la période prédynastique, la nécropole est connue pour ces monuments de l'Ancien Empire que sont les pyramides, dont une partie, la nécropole de Gizeh, est classé au patrimoine mondial de l'humanité. La nécropole peut être divisée en trois parties : une partie septentrionale, liée au nome héliopolitain (rive orientale) et au nome de la Cuisse (rive occidentale) une partie centrale, directement liée à Memphis une partie méridionale, située dans le nome inférieur du Laurier rose (rive occidentale)
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Temple de Ptah (Memphis)

Le temple de Ptah situé à Memphis est le principal temple égyptien voué au culte de Ptah. Il portait le nom d'Hout-ka-Ptah, ce qui signifie en égyptien ancien, le Château du Ka de Ptah. Ce temple occupait la majeure partie de l'enceinte principale de la cité. Un certain nombre d'indices permettent d'en comprendre les principaux développements sans toutefois en assurer un aspect fiable nous permettant d'en donner une restitution complète, car le site en raison de son antiquité, de son rôle dans l'histoire du pays, de son emplacement à la pointe du delta du Nil non loin de la nouvelle capitale de l'Égypte moderne du Caire qui utilisa largement les sites de la région en tant que carrière, ne présente en effet à ce jour que de rares vestiges épars peu à peu encerclés par le développement urbain de toute la région. Son emplacement a longtemps été perdu après la destruction de la ville au XIIIe siècle et seuls les témoignages des auteurs classiques et des chroniqueurs du Moyen Âge permettaient d'en attester l'existence et d'en apercevoir la grandeur passée. Actuellement seuls les vestiges de sa salle hypostyle et de son pylône sont encore visibles, le reste de l'édifice n'ayant toujours pas été retrouvé car probablement enfoui sous la ville de Mit-Rahineh qui s'élève de plus en plus près de la zone archéologique du site. La salle hypostyle a été commandée sous le règne de Ramsès II. Sa décoration s'est poursuivie sous le règne de son fils et successeur Mérenptah comme l'attestent les dédicaces qu'il fit sculpter sur le soubassement de granite des murs de la salle. Ramsès III y rajoutera également son empreinte en y inscrivant sa titulature à la suite de ses illustres ancêtres. La salle hypostyle et le pylône furent rajoutés au temple de Ptah déjà existant et qui s'est ainsi vu agrandi sur un modèle proche du grand temple d'Amon-Rê de Karnak, preuve de l'attention nouvelle et particulière que les ramessides portèrent à la vieille divinité memphite. Pour restituer une image de ce complexe religieux il convient donc de consulter les descriptions d'historiens, de géographes ou de savants de l'Histoire qui ont pu visiter le site soit dans l'Antiquité, alors que le temple déjà millénaire fonctionnait encore, soit celles plus tardives des voyageurs arabes qui parcoururent ses ruines. Les premières tentatives d'identification ont été réalisées et entamées à partir du XVIe siècle. À la fin du XVIIIe siècle les savants de Bonaparte ont authentifié le site et ouvert la voie aux premières explorations. Puis les fouilles archéologiques sont venues peu à peu rendre à cet héritage des traces tangibles esquissant ainsi un tableau un peu plus précis bien que certains pans entiers de l'ensemble restent encore dans l'ombre.