La pyramide inachevée d'Abousir est un ancien tombeau royal égyptien de la Ve dynastie qui a commencé à être édifié sur le site d'Abousir et qui a probablement été abandonné peu après le début de sa construction. Chepseskarê, un pharaon dont on ne sait presque rien et qui n'est connu que par une seule empreinte de sceau contemporaine provenant du temple mortuaire de Néferefrê, a été suggéré comme le constructeur de la pyramide.

1. Exploration

La structure a été découverte au début des années 1980 par une équipe archéologique tchèque dirigée par Miroslav Verner, qui a remarqué le terrain nivelé et la fosse. Aucun autre élément du complexe n'a pu être trouvé.

1. Datation

Le site ne peut être directement relié à aucun règne, puisque les quelques trouvailles du site ne comportaient aucune inscription. Une attribution à Chepseskarê est basée sur l'emplacement du site dans la nécropole. En raison de la proximité du monument avec la pyramide de Sahourê et le temple solaire d'Ouserkaf, Verner a suggéré que Chepseskarê appartenait à la même branche de la famille royale que ces deux souverains. La position chronologique de Chepseskarê n'est pas tout à fait claire. Il est inscrit comme successeur de Néferirkarê Kakaï sur la table de Saqqarah ; la découverte de l'empreinte d'un sceau dans le temple mortuaire de Néferefrê suggère qu'il était le successeur de ce roi. La position comme successeur de Néferefrê est cohérente avec le fait que Néferefrê a pu commencer la construction de sa pyramide sur la même orientation vers Héliopolis (trait rouge sur le plan ci-dessous), alors que cela n'était plus possible en raison du manque d'espace pour ses successeurs.

1. Description


1. = Localisation =

Si le positionnement de Chepseskarê en tant que successeur de Néferefrê est juste, alors, lorsqu'il est arrivé au pouvoir, il y avait déjà trois pyramides sur le site d'Abousir. Elles étaient disposées en ligne avec leurs angles nord-ouest, probablement en direction de l'obélisque d'Héliopolis (la diagonale d'Abousir). Pour maintenir cette orientation, Chepseskarê aurait dû ériger sa pyramide encore plus loin dans le désert que la pyramide inachevée de Néferefrê, ce qui aurait rendu le transport des matériaux difficile. Au lieu de cela, il a choisi comme site de construction une zone située au nord-ouest de la pyramide de Sahourê, à mi-chemin du temple solaire d'Ouserkaf. Chepseskarê est mort après un court règne, ce qui a conduit à l'abandon de la construction. Son successeur, le roi Niouserrê, n'a pas effectué d'autres travaux sur cette tombe. Le lieu finale de l'inhumation de Chepseskarê est inconnu, mais on suppose qu'il n'a pas été enterré dans cette tombe à peine commencée.

1. = Le tombeau =

La construction de la structure pyramidale proprement dite n'a jamais été entamée. Seul le nivellement du terrain en une zone plane et carrée a été effectué. Au milieu de la zone nivelée se trouve une fosse en forme de T, dans laquelle la chambre funéraire et son entrée auraient été installées. Les dimensions de la zone nivelée et de la fosse permettent de penser que le bâtiment aurait eu une taille similaire à celle de la pyramide de Néferirkarê (105 × 105 m) et qu'il était donc prévu qu'il soit le deuxième plus grand tombeau d'Abousir, après la pyramide de Néferirkarê. Les dimensions réelles précises que le monument aurait du avoir ne peuvent être connues, car la maçonnerie n'avait pas encore été entamée. En outre, la pente des côtés et donc la hauteur prévue est inconnue en raison de l'absence de pierres de revêtement. Les vestiges d'un complexe de pyramides comprenant les éléments traditionnels d'un complexe pyramidal (temple mortuaire, pyramide de culte, chaussée et temple de la vallée) n'ont pas été trouvés. Ces éléments n'ont probablement jamais été commencés, car ils auraient gêné les travaux de construction de la pyramide au cours des premières étapes de la construction.

1. Notes et références


1. Références bibliographiques

(en) Mark Lehner, The Complete Pyramids, New York, Thames & Hudson, 1997 (ISBN 978-0-500-05084-2) ; Bretislav Vachala, Guide des sites d’Abousir, Le Caire, IFAO, Bibliothèque générale, 2002 ; (en) Rainer Stadelmann, Die ägyptischen Pyramiden. Vom Ziegelbau zum Weltwunder, Mayence, von Zabern, coll. « Kulturgeschichte der Antiken Welt » (no 30), 1997, 3e éd. (ISBN 3-8053-1142-7) ; (de) Miroslav Verner, Die Pyramiden, Reinbek, près de Hambourg, Rowohlt, coll. « rororo-Sachbuch » (no 60890), 1999 (ISBN 3-499-60890-1) ; (en) Miroslav Verner, « Archaeological Remarks on the 4th and 5th Dynasty Chronology », Archiv Orientální, Prague, vol. 69,‎ 2001, p. 396 (lire en ligne).

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17 m

Temple solaire d'Ouserkaf

Le temple solaire d'Ouserkaf est un temple solaire situé à Abousir, en Basse-Égypte, au sud-ouest du Caire, sur la rive ouest du Nil à la lisière du désert occidental. Il fait partie de la vaste nécropole memphite où les rois de la Ve dynastie se firent bâtir des temples solaires. Ce temple solaire, premier à être construit selon les sources, a été bâti sous le règne d'Ouserkaf, premier roi de la Ve dynastie, avant d'être considérablement remanié par ses successeurs.
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75 m

Zaouiet el-Aryan

Zaouiet el-Aryan (زاویة العریان) est une ville du Gouvernorat de Gizeh en Égypte, située entre Gizeh et Abousir. À l'ouest de la ville, dans le désert, se trouve une nécropole nommée du même nom. Presque directement à l'est, de l'autre côté du Nil, se trouve Memphis. À Zaouiet el-Aryan se trouvent deux complexes pyramidaux de l'Ancien Empire et cinq cimetières de mastabas. Dès la fin du XIXe siècle, Gaston Maspero avait essayé en vain de pénétrer dans la pyramide, suivi par Jacques de Morgan en 1896. À partir du 11 mars 1900, Alexandre Barsanti reprend les fouilles qui lui permettent de pénétrer dans la pyramide. L'ensemble du site fut mis au jour en 1911 par les archéologues G.A. Reisner et C.S. Fisher.
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484 m

Pyramide de Sahourê

La pyramide de Sahourê qui est de type à faces lisses est la première pyramide qui a été construite sur le site d'Abousir au nord de Saqqarah. Son nom antique était « l'âme de Sahourê apparaît dans la clarté ». Sahourê (Ve dynastie) choisit ainsi de bâtir son complexe funéraire là où son prédécesseur Ouserkaf fit édifier un temple solaire, déplaçant ainsi le centre de gravité du royaume dans cette partie septentrionale de la capitale de Memphis, la transformant en nécropole dynastique. Malgré son état ruiné, le complexe de Sahourê est parfaitement lisible sur le terrain et présente ainsi un ensemble complet des différentes structures qui constituaient les fondations funéraires royales de l'Ancien Empire.
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630 m

Pyramide de Néferirkarê

La pyramide de Néferirkarê est édifiée sur le flanc sud-ouest du promontoire d'Abousir. Elle est celle qui a le mieux résisté parmi les pyramides du site et domine encore cette nécropole royale de la Ve dynastie. Néferirkarê semble avoir projeté initialement un monument à six degrés, à l'instar de Sahourê son prédécesseur dont la pyramide domine la colline sur son côté est. En cours d'édification, les proportions de la pyramide ont été changées en rajoutant deux degrés supplémentaires. Il semble que la mort prématurée du roi ait porté un coup d'arrêt au projet et ce sont les successeurs de Néferirkarê qui achèveront à la hâte le complexe funéraire. Son nom antique était « La pyramide de l'esprit bâ ».