Dar El Souf (en arabe : دار الصوف), également transcrit Dar Essouf, est un palais situé dans la basse Casbah d’Alger, en Algérie. Érigé à la fin du XVIIIe siècle, il est aujourd’hui classé monument historique et abrite le Centre national de restauration du patrimoine culturel.

1. Étymologie

Le nom Dar El Souf signifie littéralement « maison de la laine » en arabe (دار : maison, الصوف : la laine). Cette appellation laisse penser qu’il s’agissait à l’origine d’un lieu lié au commerce, stockage ou au traitement de la laine, matériau largement utilisé dans l’artisanat traditionnel maghrébin. Selon l’historienne Nadjia Mahfoudh, de nombreuses demeures urbaines de la Casbah d’Alger portaient des noms reflétant l’activité qui s’y déroulait, comme Dar El-Debbaghine (maison des tanneurs) ou Dar El-Qamh (maison du blé), ce qui appuie cette interprétation.

1. Localisation

Le palais est situé dans le quartier historique de la basse Casbah d'Alger, au niveau de la rue de l’Intendance, aujourd’hui rue Amara Rachid, dans la commune de la Casbah. Il se trouve à proximité immédiate de la mosquée Ketchaoua, de la Place des Martyrs, et du Musée national des arts et traditions populaires.

1. Histoire

Le palais fut construit en 1798 par le dey Mustapha Pacha, l'un des derniers dirigeants de la Régence d’Alger. À la mort du dey en 1805, son successeur Ahmed Pacha confisque l'édifice et le met à la disposition des janissaires. Le palais est alors utilisé comme entrepôt de laine, ce qui lui vaut le nom de Dar El Souf, signifiant littéralement « maison de la laine » en arabe. Après la conquête française en 1830, l'édifice devient l'Hôtel de l'Intendance de l'armée coloniale, puis sert à partir de 1871 de siège à la Cour d'assises et au Parquet général. Il est classé monument historique en 1887. Pendant la Bataille d'Alger (1957), le bâtiment est réquisitionné par les autorités françaises comme centre d'interrogatoire. Après l'indépendance de l'Algérie, le palais est brièvement transformé en habitation collective, avant d'être affecté au Centre national de restauration du patrimoine culturel (CNRPC), ainsi que son école nationale de formation aux techniques de conservation. L'édifice fait actuellement l’objet d’un programme de restauration piloté par les autorités culturelles algériennes.

1. Architecture

Dar El Souf est un édifice de style mauro-maghrébin, typique des demeures aristocratiques de la Casbah d’Alger. Il comporte trois niveaux, un sous-sol et une terrasse. L’entrée principale est surmontée d’un auvent en bois de cèdre sculpté, ouvrant sur un vaste patio central. Ce dernier est entouré de galeries à colonnades sur deux étages, avec des colonnes torsadées, des arcs en ogive, et des niches dallées de faïences. L'intérieur du palais se distingue par la richesse de ses décors : plafonds polychromes peints à la main, boiseries sculptées, portes ouvragées, faïences de Delft et carreaux italiens ornent les différentes pièces. Des éléments en stuc, des motifs floraux, ainsi que des plafonds en bois coloré témoignent de la finesse artisanale de l’époque algéroise.

1. Galerie


1. Références


1. Voir aussi


1. = Articles connexes =

Casbah d'Alger Liste des palais en Algérie

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41 m

Palais Mustapha Pacha

Palais Mustapha Pacha ou Dar Mustapha Pacha (en arabe :دار مصطفى باشا) est un palais algérois situé dans la basse Casbah sur la rue Lotophage anciennement nommée rue du 14-Juin du temps de la présence française en Algérie. Sa construction remonte probablement au XVIe siècle et aurait été initiée par le Raïs Arnaout Mami. Au XVIIIe siècle, le dey d’Alger Mustapha Pacha acheva son édification et en fit sa résidence principale. Actuellement, il abrite le musée national de l'enluminure, de la miniature et de la calligraphie d'Alger. Il est l’un des monuments constitutifs de l’ensemble des palais des Raïs.
67 m

Dar El Sadaqa

Dar El Sadaqa (دار الصدقة), connue également sous le nom Dar Khoudja El Khayl est un bâtiment historique du XVIIe siècle situé dans la basse Casbah d'Alger, en Algérie. Il s'agit d'un ancien palais reconverti en institution de bienfaisance à l'époque de la régence d’Alger. Ce type d’établissement avait pour vocation d’héberger les orphelins, les nécessiteux et les voyageurs sans ressources, conformément aux traditions caritatives islamiques fondées sur le waqf (fondation pieuse).
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115 m

Mosquée Ketchaoua d'Alger

La mosquée Ketchaoua ou mosquée Ketchawa (en arabe : جامع كتشاوة, en berbère : ⵜⴰⵎⵣⴳⵉⴷⴰ ⵏ ⴽⵞⵞⴰⵡⴰ, tamezgida n Keččawa) est une mosquée historique faisant partie du patrimoine classé de la basse casbah d'Alger. Construite en 1436, elle aurait été massivement remaniée au XVIIIe siècle sous le gouvernement du dey Hassan. Elle l'est à nouveau au XIXe siècle, après sa réquisition en 1832, pour être affectée au culte catholique durant la période coloniale sous le nom de cathédrale Saint-Philippe ; elle est ainsi démolie et reconstruite suivant les plans de l'architecte français Amable Ravoisié, qui lui donne sa structure physique actuelle. Elle connaît ensuite d'autres remaniements et restaurations sous l'égide de Jean-Eugène Fromageau et d'Albert Ballu, auquel on doit l'actuelle façade. En 1962, elle redevient une mosquée. En 1992, elle est classée, avec l'ensemble de la casbah d'Alger, au patrimoine mondial par l'UNESCO. En 2008, la mosquée ferme pour travaux et elle rouvre en avril 2018.
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129 m

Dar Aziza

Dar Aziza (en arabe: دار عزيزة, en berbère: axxam n εaziza), joyau de la Djenina, est considéré aujourd’hui comme le plus beau des vieux palais algérois. Située à la basse Casbah d’Alger en face de la mosquée Ketchaoua, cette demeure fut construite au XVIe siècle, elle tient son nom de la princesse Aziza, la fille du Dey. Le palais doit son nom actuel au fait qu'il aurait été la résidence d'une princesse, Aziza, fille d'un dey d'Alger, ou d'un caïd et épouse d'un bey de Constantine.