La pyramide d'Ounas est une pyramide à faces lisses située à Saqqarah, près du Caire, en Égypte. Elle a été construite par le pharaon Ounas, dernier roi de la Ve dynastie. Elle est la première pyramide dont la chambre funéraire est décorée des textes des pyramides. Son nom antique est « La pyramide qui est la beauté des lieux ». Sa structure et son complexe funéraire suivent l'architecture des exemples de ses prédécesseurs à Abousir, établissant désormais le plan classique des futurs ensembles qui seront édifiés par les pharaons de la dynastie suivante.

1. Le complexe funéraire

Le temple de la vallée de ce complexe funéraire, qui bordait autrefois un canal relié au Nil, accueille encore le visiteur à l'entrée du site de Saqqarah. Édifié sur un quai auquel on accède par une rampe à escalier, le temple comportait trois entrées à colonnes papyriformes, dont certaines ont été redressées. Suivait un vestibule à colonnes, sans doute du même style, qui donnait accès à la longue rampe menant au temple haut, ou temple funéraire qui est installé sur le flanc est de la pyramide. Cette chaussée est constituée d'un long couloir dont le plafond était dédoublé, laissant une étroite ouverture rectiligne en son centre qui devait apporter une lumière rasante à l'intérieur obscur et quelque peu mystérieux de ce long chemin vers la nécropole. Les murs étaient entièrement décorés de reliefs illustrant la vie du pays et sans doute quelques grands événements du règne, comme le transport par bateaux des grandes colonnes monolithes en granit qui servirent à l'édification du temple ou encore des hauts faits militaires. Des parties de la chaussée ont été reconstituées, permettant d'imaginer l'aspect général de ce monumental accès au sanctuaire d'Ounas. Le temple funéraire comportait une grande cour péristyle qui desservait plusieurs parties annexes du sanctuaire et les cinq chapelles de cultes, dans lesquelles le roi figurait aux côtés des dieux. Tout autour se trouvaient les mastaba et tombes de la cour du roi.

1. La pyramide

La pyramide dominait l'ensemble avec son revêtement en calcaire fin dont une partie est visible au sud du monument. La base mesure 57,7 m et la hauteur est de 43 m. L'accès aux appartements souterrains et la chambre au sarcophage se faisait au nord. Ces pièces forment l'aspect le plus spectaculaire de l'ensemble funéraire d'Ounas. En effet ils sont couverts de hiéroglyphes formant les premiers exemplaires des textes des pyramides qui seront largement développés à la VIe dynastie. Le sarcophage du roi, sculpté dans un bloc de granit, est encore en place le long de la paroi occidentale sur laquelle figure une représentation de l'enceinte à redans du palais. La chambre est couverte par une voûte en chevron décorée d'étoiles à cinq branches jaune or sur un fond bleu nuit. C'est la première fois qu'une chambre funéraire royale reçoit un décor aussi élaboré et comprenant sur ses parois le premier corpus théologique connu de l'histoire de l'humanité.

1. Articles connexes


1. Références bibliographiques

Raymond Oliver Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramids Texts, vol. I & II, Oxford, 1969 ; Audran Labrousse, Jean-Philippe Lauer et Jean Leclant, « Le temple haut du complexe funéraire du roi Ounas », Bulletin d'Égyptologie, Le Caire, IFAO, no 73,‎ 1977 ; Ahmed Mahmoud Moussa et Audran Labrousse, « Le temple d'accueil du complexe funéraire du roi Ounas », Bulletin d'Égyptologie, Le Caire, IFAO, no 111,‎ 1996.

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44 m

Mastaba de Mehou

Le mastaba du vizir Mehou se trouve au nord-est de la pyramide d'Ounas, jouxtant l’enceinte de Djéser. Il date de la fin de la Ve dynastie et du début de la VIe dynastie. Le mastaba comprend une cour à portique soutenu par deux piliers de section carrée qui ont reçu sur chacune de leurs faces une représentation de Mehou légendée de son nom et titres. Ce portique abrite, aménagé dans son sol, le puits permettant d’accéder au caveau ainsi qu’une stèle fausse porte destinée à recevoir les offrandes et à faciliter le passage de l’âme du monde des vivants au monde des morts. Peinte en rouge imitant le granite, matériau coûteux et dont, en dehors du roi et ses épouses, rares sont les nobles courtisans qui pouvaient se l’offrir, cette stèle déroule en longues colonnes de hiéroglyphes, gravés et peints en jaune, les formules laudatives qui devaient accompagner le culte du défunt. Une seconde stèle de même nature est conservée au fond d’une chapelle réservée aux offrandes. Sur ses murs, des reliefs d’une rare qualité détaillent les nombreuses processions de porteurs d’offrandes qui s’avancent tous vers le fond de la chapelle et la stèle fausse porte. Cette dernière est encadrée par deux tableaux figurant Mehou en habit d’apparat, assis devant une table d’offrande richement garnie et assistant au défilé en son honneur. Le mastaba comporte toutes les scènes funéraires classiques, richement détaillées et a conservé une belle polychromie. Un relief intéressant est représenté sur le mur sud du corridor principal qui distribue les pièces du mastaba. Il s’agit du défilé des quarante domaines appartenant aux temples funéraires de Néferirkarê Kakaï, Djedkarê Isési, Ounas et Téti, et dont Mehou avait la charge. Ce détail nous apprend donc qu’à l’époque de Téti, sous le règne duquel Mehou servit, le culte funéraire de souverains appartenant à une autre dynastie avait toujours lieu. Si la transition entre les deux dynasties s’était fait sentir aux plus hauts degrés de l’État, notamment au niveau de la famille royale, les institutions et fondations en place avaient été donc maintenues voire renouvelées, preuve supplémentaire d’une passation des pouvoirs en apparence réglée. Le nouveau souverain souhaitait se rattacher à ces ancêtres et s’attirer ainsi leurs bonnes grâces. Le mastaba comporte également une petite chapelle funéraire annexe également décorée. Elle appartient à Mérirê-Ânkh et contient une stèle fausse porte traitée de manière analogue à celles de Mehou.
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227 m

Saqqarah

Saqqarah (ou Saqqara ou Sakkarah, arabe : سقارة [saqâra]) est une vaste nécropole égyptienne de la région de Memphis ; elle répondait au nom de Ro-setjaou en ancien égyptien, c'est-à-dire la « Porte des passages ». Elle a connu une occupation ininterrompue tout au long de l'histoire de l'Égypte antique. De ce fait, tombes royales et sépultures plus modestes se côtoient et apportent de nombreux témoignages sur la vie quotidienne de l'Égypte ancienne.
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227 m

Musée d'Imhotep à Saqqarah

Le musée d'Imhotep à Saqqarah, voulu par Jean-Philippe Lauer qui a passé sa vie sur le site de Saqqarah, a été inauguré en avril 2006 après plus de dix ans de travaux de construction. Ce petit bâtiment d’un étage à droite sur la route qui mène au complexe funéraire de Djéser ne dépare pas dans le paysage sablonneux. Une salle du musée porte le nom de Jean-Philippe Lauer en hommage à l'œuvre qu'il a réalisée durant tant d'années et où sont exposés ses livres, ses découvertes et ses objets personnels comme son appareil photo et son chapeau. La deuxième salle, du nom de Style de Saqqarah, regroupe des objets utilisés au quotidien, de la vaisselle en pierre et en albâtre ainsi que des statues en bois. Une autre salle, baptisée Tombeaux de Saqqarah, accueille de vraies tombes et momies découvertes dans la région. Portail des musées Portail de l’archéologie Portail de l’Égypte antique
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329 m

Tombe d'Horemheb à Saqqarah

Le tombeau d'Horemheb est situé dans la nécropole de Saqqarah, près de Memphis en Égypte. Horemheb avait bâti le tombeau avant d'occuper le trône et ne l'a jamais utilisé pour son inhumation. Plus tard, il a édifié le tombeau thébain KV57 pour qu'il y soit inhumé, accompagné de ses deux épouses, Moutnedjemet et Amenye. La tombe a été découverte par des pilleurs d'art au début du XIXe siècle. Plusieurs musées européens et américains ont acquis des reliefs pillés illégalement, souvent lors de la colonisation ou de la conquête de territoires. La tombe a été redécouverte en 1975 et la fouille s'est déroulée en 1979.