Le mastaba d'Akhethétep se trouve à Saqqarah, prenant place au sein d'un complexe funéraire qui s'est bâti et complété à différentes époques. Il a été découvert en 1903 par Georges Aaron Bénédite qui l'a fouillé et démonté pour être expédiée au Musée du Louvre où il est exposé. Des fouilles sont menées par le département des antiquités égyptiennes à partir de 1991 pour retrouver l'emplacement d'origine du mastaba et de sa chapelle.

1. La chapelle d'Akhethétep

Il s'agit de la partie cultuelle du mastaba qui restait accessible après les funérailles afin de présenter devant la stèle fausse porte du défunt les offrandes quotidiennes liées au culte funéraire. Le monument, assez exigu, présente un décor pariétal complet comportant encore de nombreuses traces de la peinture qui recouvrait les reliefs. On y accède par une porte étroite surmontée du rouleau sur lequel est inscrit le nom du propriétaire. L'embrasure de la porte est décorée de reliefs, parmi lesquels la scène du transport des statues d'Akhethétep. L'intérieur forme une pièce rectangulaire de petites dimensions, dont la paroi gauche est percée d'un jour qui donnait autrefois sur le serdab du tombeau contenant les statues du défunt. Les scènes qui recouvrent cette paroi représentent Akhethétep assistant au défilé des offrandes funéraires qu'une longue procession de porteurs apporte afin de lui assurer sa subsistance dans l'au-delà. La paroi du fond est occupée par deux hautes fausses portes figurant la façade du palais royal. L'ensemble était peint dans des couleurs vives qui imitaient le bois et les vanneries de cette double porte. Les autres parois montrent des scènes classiques, comme les travaux des champs, la chasse dans les marais ou le repas funéraire d'Akhethétep et les réjouissances qui devaient l'accompagner éternellement, scènes faisant face à la paroi du serdab. Lors des travaux d'aménagements des salles du Louvre en 1985, des travaux de restauration et de consolidation ont été envisagés. L'analyse a permis de faire ressortir les caractéristiques techniques propres qui distinguent le mur des fausses-portes des trois autres parois. Le mur des fausses-portes est principalement constitué de grandes dalles de pierre, de formes régulières et symétriques par rapport à l'axe du mur, surmontées par une série de blocs plus petits ; les autres parois procèdent d'une conception différente, les blocs sont irréguliers, les pierres les plus massives sont placées au sol, comme soubassement.

1. Les fouilles du Louvre

L'emplacement original et ce qui subsistait du mastaba d'Akhethétep a été retrouvé lors des fouilles du Louvre à Saqqarah entreprises de 1991 à 2007 et dirigées par Christiane Ziegler. Les archéologues l'ont partiellement dégagé durant huit années (1991-1999) : 32 m de longueur, 16,10 m de largeur, soit respectivement environ soixante et trente coudées égyptiennes ; la hauteur actuelle étant de 5,92 m, la hauteur initiale peut être estimée à environ 6,40 m. La chapelle s'insérait donc dans un plus vaste ensemble qui comportait une entrée menant à un premier couloir débouchant sur une cour rectangulaire assez étroite présentant en façade du mastaba la porte de la chapelle aujourd'hui au Louvre et symétriquement de l'autre côté une fausse porte. Les fouilles ont permis de retrouver un certain nombre d'éléments qui constituaient à la fois le matériel du culte d'Akhethétep comme les tables d'offrande ou les statues ainsi que les restes du viatique funéraire dans le caveau parmi lesquels on citera un vase canope en calcite avec son couvercle plat en calcaire. Parmi les statues découvertes aux alentours de la chapelle du mastaba, une retient particulièrement l'attention car elle représente un homme debout, sans doute Akhethétep, vêtu d'un costume sacerdotal portant une peau de panthère et l'insigne de la déesse Bat. Il a aussi été déterminé que le mastaba avait été pillé dès l'Antiquité et qu’il avait accueilli de nombreuses inhumations postérieures datant de la Basse époque. Le 11 octobre 2016, le Musée du Louvre lance une campagne de dons pour reconstituer la chapelle du mastaba d'Akhethétep.

1. Bibliographie

Christiane Ziegler, Le Mastaba d’Akhethetep, une chapelle funéraire de l’Ancien Empire, Paris, éditions RMN, 1993, 237 p. Christiane Ziegler (dir.), Le mastaba d’Akhethetep, Collection "Fouilles du Louvre à Saqqara", Vol. I, Paris, éditions Musée du Louvre/Peeters, 2007, 248 p.

1. Notes et références


1. Voir aussi

Mastaba Saqqarah Musée du Louvre Ve dynastie

1. Lien externe

Fouilles du Louvre à Saqqarah Notice d'œuvre sur louvre.fr

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11 m

Complexe funéraire de Djéser

Le complexe funéraire de Djéser, édifié sous le règne du roi Djéser, se situe à Saqqarah, en Égypte. Il est, dans l'histoire de l'architecture égyptienne, le second ouvrage édifié en pierre de taille. Il marque une évolution importante de l'architecture monumentale. En effet, le tombeau du roi prend, pour la première fois et après de multiples modifications, la forme d'une pyramide. Cette innovation marque la naissance d'un nouveau type de sépulture. Les éléments cultuels ainsi que l'enceinte à redans représentent l'aboutissement d'une architecture évoluant depuis la IIe dynastie. Deux noms sont à rattacher à cet édifice : celui de l'architecte Imhotep, qui conçut cet ouvrage, et celui de l'égyptologue Jean-Philippe Lauer qui consacra toute sa vie à étudier les vestiges de ce chef-d'œuvre de l'Ancien Empire. Le tremblement de terre du 12 octobre 1992 a sérieusement affecté les infrastructures de la pyramide. La voûte du grand puits funéraire et les plafonds de plusieurs galeries souterraines menaçant de s'effondrer, une mission de sauvegarde a été commandée par le Conseil suprême des Antiquités égyptiennes afin de mener à bien leurs restaurations. En parallèle, des études sont constamment effectuées afin de mieux connaître ce monument majeur. En mars 2020, la pyramide rouvre au public après quatorze ans de restaurations.
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Saqqarah

Saqqarah (ou Saqqara ou Sakkarah, arabe : سقارة [saqâra]) est une vaste nécropole égyptienne de la région de Memphis ; elle répondait au nom de Ro-setjaou en ancien égyptien, c'est-à-dire la « Porte des passages ». Elle a connu une occupation ininterrompue tout au long de l'histoire de l'Égypte antique. De ce fait, tombes royales et sépultures plus modestes se côtoient et apportent de nombreux témoignages sur la vie quotidienne de l'Égypte ancienne.
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165 m

Musée d'Imhotep à Saqqarah

Le musée d'Imhotep à Saqqarah, voulu par Jean-Philippe Lauer qui a passé sa vie sur le site de Saqqarah, a été inauguré en avril 2006 après plus de dix ans de travaux de construction. Ce petit bâtiment d’un étage à droite sur la route qui mène au complexe funéraire de Djéser ne dépare pas dans le paysage sablonneux. Une salle du musée porte le nom de Jean-Philippe Lauer en hommage à l'œuvre qu'il a réalisée durant tant d'années et où sont exposés ses livres, ses découvertes et ses objets personnels comme son appareil photo et son chapeau. La deuxième salle, du nom de Style de Saqqarah, regroupe des objets utilisés au quotidien, de la vaisselle en pierre et en albâtre ainsi que des statues en bois. Une autre salle, baptisée Tombeaux de Saqqarah, accueille de vraies tombes et momies découvertes dans la région. Portail des musées Portail de l’archéologie Portail de l’Égypte antique
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281 m

Pyramide de Néferhétepès

La pyramide de Néferhétepès est située au sud-est de la pyramide d'Ouserkaf, souverain dont elle fut probablement l'épouse principale. L'ensemble est situé à proximité de l'angle nord-est de l'enceinte du complexe funéraire de Djéser à Saqqarah. Elle a été découverte par Cecil Mallaby Firth qui fouilla la nécropole d'Ouserkaf en 1928 et l'identifia l'année suivante comme étant une pyramide de reine sans pouvoir l'attribuer avec certitude faute de document épigraphique probant lors des premières fouilles. Son identification à la tombe de Néferhétepès a été faite la première fois par Bernhard Grdseloff en 1943 à la suite de la découverte de reliefs mentionnant la « Mère royale Néferhétepès » dans le mastaba de Persen situé à près de deux cents mètres au sud du complexe pyramidal. L'hypothèse sera confirmée en 1979 par la découverte de reliefs par Audran Labrousse dans les ruines du temple funéraire de la reine, présentant les domaines agricoles associés au culte funéraire de la reine.