La basilique Saint-François (espagnol : basílica de San Francisco), située dans le quartier de Monserrat à Buenos Aires, capitale de l'Argentine, est une basilique mineure de style baroque. Appartenant à l'ordre franciscain, elle constitue avec la Chapelle Saint-Roch et le couvent attenant un ensemble classé Monument historique national en 1942.

1. Histoire

Comme indiqué dans le cadastre, Juan de Garay cède une parcelle de terrain à l'Ordre des Frères mineurs (franciscains) en 1583, dans un périmètre défini par les rues actuelles de la Défense, Balcarce, Adolfo Alsina et Moreno. Les franciscains y construisent une première église sous le vocable de Saint François d'Assise, en utilisant certains matériaux durables: murs en pisé et aux toits de chaume et bardeaux. La construction de l'église actuelle commence autour de 1731, selon les plans de l'architecte jésuite Andrés Blanqui, avec la collaboration du frère sévillan Vicente Muñoz. L'église est bénite le 25 mars 1754 (jour de l'Annonciation), mais doit être fermée à partir de 1770 en raison de l'émergence d'une large fissure dans sa structure. La consécration a lieu le 28 septembre 1783. La façade de l'église avec ses tours s'effondre en 1807, et une nouvelle façade de style néoclassique italien est conçue par l'architecte Tomás Toribio, terminée en 1815. Le 1er décembre 1828, un groupe de partisans unitaires s'y rassemble pour fomenter un coup d'Etat contre le gouverneur Manuel Dorrego (plus tard exécuté pour son parti pris fédéraliste).

La façade est rénovée entre 1907 et 1911 par l'architecte allemand Ernest Sackmann, en s'inspirant du baroque bavarois. En 1910, l'artiste autrichien Anton Vögele a sculpté les quatre figures qui forment le groupe sculpté sur le haut de la façade. Il représente saint François flanqué de Dante Alighieri, du peintre Giotto et, s'agenouillant devant lui, Christophe Colomb. La raison en est que ces trois personnages étaient membres du Tiers ordre franciscain. En 1942, l'église, avec la chapelle Saint-Roch, a été déclarée monument historique national par l'ordonnance n° 120 412. Au cours des incendies d'églises allumés par les militants péronistes le 16 juin 1955, l'église Saint-François est endommagée et son mobilier est presque totalement détruit. Lors de la reconstruction, achevée en 1963, une tapisserie a été placée au-dessus du maître-autel. C'est une des plus grandes tapisseries du monde (8 mètres par 12 mètres). Elle représente La Glorification de Saint François, par Horace Butler. Le couvent a été fermé au public pendant les quatre cents dernières années, mais maintenant l'accès est autorisé. Il a été déclaré monument historique national par le décret n° 1079 de 2000. En mars 2007, on a trouvé au cours d'une réparation à la statue de Dante, à l'intérieur de la tête, une capsule temporelle. L'architecte et sculptrice Romina Bardone, directrice du bureau d'études Leguizamón Ezcurra, a trouvé une boîte de métal, telle que celles utilisées pour le thé, décorée avec des chinoiseries et enveloppée dans un linge. À l'intérieur de la boîte, il y avait une feuille du journal La Prensa (en espagnol) d'août 1908, une feuille du Journal d'Innsbruck (en allemand), ville natale de Voegele, quatre pièces de cuivre argentines datant entre 1880 et 1890, un pot givré et, à l'intérieur, une enveloppe avec la mention « Je salue ceux qui trouvent ces écrits. » Il y avait aussi une lettre disant: Ces statues ont été faites par le sculpteur Antonio Voegele, originaire d'Innsbruck, capitale de la province d'Autriche, qui est arrivé il y a vingt-six ans à l'âge de 22 ans à Buenos Aires. L'architecte de ce travail était le Sieur Don Ernesto Sackmann. Le placement et la modélisation ont été faites et dirigées par Don José Laranglía, né dans la province de Milan à Ingone. Cet homme a travaillé pendant vingt-deux ans dans son atelier et est compris par 10 pour cent des profits. Le même travail pour la ......... le Sieur Carlo Cervino, natif de Lombardie (Italie). Le contremaître était Don Juan Puntel, originaire de Vénétie. Le travail a été payé par M. et Mme Santos Unzué. Chaque statue coûte 1 500 dollars, ce qui est l'équivalent de 650 pesos-or en livres sterling. Plaise à Dieu, ainsi qu'à Saint François, de protéger ce travail et de lui donner une longue vie. Signé : Antonio Voegele.

1. Notes et références

(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Basílica de San Francisco (Buenos Aires) » (voir la liste des auteurs).

1. Voir aussi


1. = Articles connexes =

Liste des basiliques d'Argentine Liste des monuments historiques nationaux de Buenos Aires

1. = Lien externe =

(en) Basílica de San Francisco sur www.gcatholic.org. Portail du baroque Portail de l’Argentine Portail du catholicisme Portail de l’architecture chrétienne

Lieux à Proximité Voir Menu
Location Image
163 m

Pyramide de Mai

La pyramide de Mai (en esp. Pirámide de Mayo, en réalité un obélisque) se dresse au centre de la place de Mai à Buenos Aires et est le premier monument patriotique ― c'est-à-dire commémorant l’indépendance ― dont se dota la capitale argentine. Son histoire débute en mars 1811, lorsque la Grande Junte décida de faire construire un monument sur le côté ouest de la place, pour célébrer le premier anniversaire de la révolution de Mai de 1810, événement qui enclencha le processus d’indépendance. En 1856, sous la direction de l’artiste Prilidiano Pueyrredón, cette première version du monument fut remplacée par une nouvelle, construite sur les fondations de l’ancienne ; c’est cette nouvelle pyramide que l’on peut observer sur la place de Mai actuellement. En 1912, après lui avoir fait subir quelques modifications, on la déplaça vers son emplacement actuel, 63 m plus à l’est du lieu où elle se trouvait à l’origine, dans l’intention (non réalisée) d’ériger autour d’elle un énorme monument qui l’eût contenue dans son intérieur. La statue de la Liberté, œuvre du sculpteur français Joseph Dubourdieu, couronne le monument et servit de modèle à la représentation allégorique de la république argentine. Telle quelle, la Pyramide mesure, depuis le sol jusqu’au bonnet phrygien coiffant ladite statue, 18,76 m. « Buenos Aires possède son monument fondamental unique, éponyme : la pyramide de Mai. Site et symbole ombilical de la liberté (...) ; pour qui regarde de la rue, c’est une norme, un ferment et un point de départ ; pour qui la contemple des balcons du palais du gouvernement, un indice ou un reproche. (...) On ne la peut décrire, et il n’y a pas lieu que le touriste la comprenne ; on la chérit, on la sent. De même, nous n’allons presque jamais la visiter, mais il nous est indispensable de savoir qu’elle se tient là. C’est elle la véritable capitale de la Nation. » — Florencio Escardó, 1945.
Location Image
199 m

Colegio Nacional de Buenos Aires

Le Colegio Nacional de Buenos Aires (en abrégé CNBA) est un établissement d’enseignement secondaire d’élite, situé à Buenos Aires en Argentine, et rattaché, au même titre que l’École supérieure de commerce Carlos Pellegrini et l’Institut libre d’enseignement secondaire, à l’université de Buenos Aires. Fondé en 1661 par l’administration espagnole comme collège jésuite sous le nom de Collège royal Saint-Charles, il connut après la révolution de Mai, au gré des régimes politiques successifs, plusieurs changements d’orientation idéologique (et concomitamment de dénomination) et quelques avatars architecturaux, sans remettre en cause, aux yeux des Argentins, la rémanence de cette institution qui fonctionna comme une pépinière de personnalités illustres, dont quatre présidents de la république. La Manzana de las Luces, l’îlot urbain où se trouve l’établissement, a été classé monument historique en 1943.
Location Image
219 m

Manzana de las Luces

La Manzana de las Luces (en français : Îlot des Lumières) est un îlot historique de la ville de Buenos Aires (Argentine), situé dans le quartier de Monserrat, au centre-ville. Le mot manzana (signifiant pâté de maisons) fait allusion au grand nombre d'établissements culturels et intellectuels que cette zone a hébergés durant son histoire, et héberge encore.
Location Image
227 m

Bombardement de la place de Mai

Le bombardement de la place de Mai à Buenos Aires, en Argentine, fut la partie la plus visible et la plus sanglante d’un ensemble d’événements violents constitutifs d’une tentative (avortée) de coup d'État commise le 16 juin 1955 par un groupe de militaires et de civils opposés au gouvernement du président Juan Perón. Le projet de coup d’État avait germé quelques années auparavant chez plusieurs officiers supérieurs anti-péronistes appartenant principalement à l’aéronavale argentine, auxquels vinrent s’associer quelques personnalités politiques de l’opposition, et prévoyait de bombarder par un raid aérien le palais de gouvernement, la Casa Rosada, sis sur la place de Mai, dans le but d’assassiner le président Perón, pendant que des troupes rebelles au sol et les dénommés Commandos civils s’empareraient de certains édifices stratégiques dans le centre-ville de la capitale. L’opération, médiocrement préparée, qui dut être hâtée en raison de soupçons qui avaient commencé à peser sur les conspirateurs et de la survenue d’une occasion jugée propice, se heurta à la résistance des troupes loyalistes et de civils péronistes venus nombreux leur prêter main-forte à l’appel du syndicat CGT, de sorte que les combats au sol tournèrent bientôt au désavantage des séditieux, et qu’il devint clair à la fin de l’après-midi du même jour que le coup d’État avait échoué. Du reste, Perón, prévenu d’un coup de force imminent, avait trouvé refuge dans le ministère de la Guerre, sis à 200 mètres de la Casa Rosada. Le bombardement à proprement parler de la place de Mai fut effectué à partir de 10 heures du matin en deux grandes vagues par plusieurs escadrilles d’avions de l’aéronavale qui prirent pour cible, au moyen de projectiles aériens de 20 mm, non seulement le palais du gouvernement, l’édifice de la CGT et ce qui était alors la résidence présidentielle, mais aussi la place de Mai sur toute son étendue, où une foule nombreuse était rassemblée en vue d’une cérémonie, provoquant ainsi la mort de plus de trois centaines de personnes, en grande majorité civiles, et en blessant plus de 700 autres. Le mépris absolu pour la vie humaine et la violence avec laquelle le coup de force fut exécuté, d’une ampleur sans précédent en Argentine, ont fait qu’on a pu le relier avec le terrorisme d'État apparu quelques années plus tard dans le pays. Le 17 juin à 3 heures du matin, il fut communiqué aux meneurs du soulèvement — savoir : Aníbal Olivieri (alors ministre de la Marine), Benjamín Gargiulo et Samuel Toranzo Calderón —, qu’ils seraient jugés selon la loi martiale, et qu’une arme serait offerte à chacun d’eux pour mettre fin à leur vie ; seul le vice-amiral Benjamín Gargiulo accepta la proposition, Olivieri et Toranzo préférant assumer pleinement leurs actes devant une cour de justice. Nonobstant que la peine de mort eût dû être appliquée pour haute trahison, la peine la plus sévère, prononcée contre Toranzo Calderón, sera l’emprisonnement à perpétuité. Les militaires réfugiés en Uruguay, privés de leurs titres sur l’accusation de rébellion, seront dans la suite réintégrés dans l’armée par les nouvelles autorités issues du coup d’État militaire (réussi) du 16 septembre 1955, lesquelles iront jusqu’à affirmer que « la principale cause du nombre élevé de victimes » fut « la détermination absurde » de la CGT à appeler ses adhérents à se rendre sur la place de Mai.