Le siège de Lille de 1304, troisième et dernier de la ville au cours de la guerre de Flandre, fait suite à la bataille de Mons-en-Pévèle du 18 août entre les Flamands et les Français. Après ce siège, Lille resta dans le Royaume de France jusqu’en 1369.

1. Déroulement du siège

Après la bataille de Mons, à l’issue indécise (percée de l’armée flamande au centre, déroute de ses ailes), les troupes de Philippe le Bel se dirigent vers Lille après avoir incendié Seclin et assiègent la ville le 24 août. Les défenseurs de la ville étaient renforcés par une partie de l’armée flamande de retour de la bataille de Mons avec à leur tête Philippe de Thiette, fils du comte Guy de Dampierre. Comme lors des précédents siège, les Lillois étaient divisés entre les partisans du Comte, le commun et ceux du roi, les patriciens favorables à la soumission.
Après trois semaines de siège, une convention fut conclue le 14 septembre entre les représentants de Philippe et ceux du roi sous une tente devant la maladrerie (située à l’emplacement de l'ancienne gare Saint-Sauveur). Faute de secours, la ville se rendrait le 23 septembre. Le roi de France promit de laisser sortir Philippe, sa garnison et les habitants qui voudraient le suivre et de respecter les privilèges et franchises de la ville. La ville dut livrer 55 otages à Philippe le Bel en engagement de cette convention. Jean de Namur qui avait établi son quartier général à Marquette à la tête de troupes flamandes envoya un message à Philippe de Thiette de ne pas respecter la convention et promit de se porter au secours de la ville assiégée mais il renonça à attaquer l’armée assiégeante, qui avait reçu des renforts. Les portes de la ville furent ouvertes après retour des 55 otages et le roi entra à Lille le 25 septembre.

1. Conséquences

Les autres villes flamandes se rendirent aux Français les jours suivants. Le comte Guy de Dampierre étant mort, son fils Robert de Béthune qui lui avait succédé signa un traité de paix à Athis-Mons en juin 1305. Le comte s’engageait à verser au roi 400 000 livres et une rente annuelle de 20 000 livres et à abattre les fortifications des villes de Flandre. Les villes refusèrent de signer ce traité. Cependant, Philippe le Bel accepta de maintenir les fortifications de Lille et s’efforça de se concilier les Lillois. Le 11 juillet 1312, le comte renonce aux villes et châtellenies de Lille, Douai, Orchies et Béthune mais les villes et les fils du comte s’opposèrent à ce traité et la guerre recommença. Après des tentatives de sièges de Lille et de Tournai, les négociations reprirent et la paix fut signée à Paris le 5 mai 1320. Lille et la région wallonne restèrent dans le Royaume de France jusqu’en 1369.

1. Références


1. Voir aussi


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Lille

Lille (prononciation : /lil/ ), Rijsel en néerlandais, Rysel en flamand, est une ville du Nord de la France, préfecture du département du Nord et chef-lieu de la région Hauts-de-France. Avec 238 246 habitants intra-muros au dernier recensement en 2023, Lille est la dixième commune la plus peuplée de France, mais aussi la principale commune de la Métropole européenne de Lille, qui rassemble 94 autres communes dont Roubaix, Tourcoing et Villeneuve-d'Ascq, et compte près de 1,2 million d’habitants. Dans sa partie française, son unité urbaine et ses 1 063 720 habitants en 2023 font de Lille la cinquième agglomération de France derrière Paris, Lyon, Marseille et Toulouse. Plus largement, elle appartient à une vaste conurbation transfrontalière formée avec les villes belges de Mouscron, Courtrai, Tournai et Menin, qui a donné naissance en janvier 2008 à l'Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai, premier Groupement européen de coopération territoriale (GECT), qui totalise plus de 2,1 millions d'habitants. Elle exerce également une influence importante sur un territoire de plus de 3,8 millions d'habitants appelé « aire métropolitaine de Lille », fortement urbanisé et dense, comprenant notamment l'ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais et les agglomérations d'Arras et Cambrai. Centre culturel important au croisement des aires picarde et flamande, son nom en ancien français est L'Isle et se réfèrerait à sa localisation primitive supposée près d'une île des marécages de la vallée de la Deûle où elle a été fondée. Son nom en flamand français est Ryssel (/riːsəl/) et en flamand occidental, Rijsel. Surnommée encore aujourd'hui, en France, la « Capitale des Flandres », Lille et ses environs appartiennent à la région historique de la Flandre romane, ancien territoire du comté de Flandre ne faisant pas partie de l'aire linguistique du flamand occidental. Ville de garnison (en témoigne sa Citadelle), Lille a connu une histoire mouvementée du Moyen Âge à la Révolution française. Très souvent assiégée au cours de son histoire, elle a appartenu successivement au royaume de France, à l'État bourguignon, au Saint-Empire romain germanique, aux Pays-Bas espagnols avant d'être définitivement rattachée à la France de Louis XIV à la suite de la guerre de succession d'Espagne en même temps que tout le territoire composant la province historique de la Flandre française. Lille est encore assiégée en 1792 lors de la guerre franco-autrichienne, en 1914 et en 1940. Elle a été durement éprouvée par les deux conflits mondiaux du XXe siècle au cours desquels elle est occupée et subit des destructions. Cité marchande depuis ses origines, manufacturière depuis le XVIe siècle, la révolution industrielle en fait une grande capitale industrielle, principalement autour des industries textiles et mécaniques. Leur déclin, à partir des années 1960, ouvre une longue période de crise et ce n'est qu'à partir des années 1990 que la reconversion vers le secteur tertiaire et la réhabilitation des quartiers sinistrés donnent un autre visage à la ville. La création du métro automatique en 1983, la construction du nouveau quartier d'affaires Euralille à partir de 1988 (aujourd'hui le 3e de France derrière La Défense et Lyon Part-Dieu), l'arrivée du TGV en 1993 et de l'Eurostar en 1994 plaçant Lille au cœur des grandes capitales européennes, le développement de son aéroport international, des événements annuels de renom comme la Braderie de Lille qui a lieu début septembre (deux à trois millions de visiteurs), le développement d'un pôle étudiant et universitaire (aujourd'hui, avec plus de 110 000 étudiants, le 3e de France derrière Paris et Lyon), le classement Ville d'art et d'histoire en 2004 et les manifestations de Lille 2004 (capitale européenne de la culture) et de Lille 3000 constituent les principaux symboles de ce renouveau.
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Siège de Lille (1792)

Le siège de Lille de 1792 a lieu du 29 septembre au 8 octobre 1792.
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Unité urbaine de Lille (partie française)

L'unité urbaine de Lille (partie française) désigne, selon l'Insee, l'ensemble des communes ayant une continuité de bâti autour de la ville de Lille. Cette unité urbaine regroupe 1 063 720 habitants dans 60 communes (partie française) sur une superficie de 446,70 km2.
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Place du Général-de-Gaulle (Lille)

La place du Général-de-Gaulle est un espace public urbain de la commune de Lille dans le département français du Nord en région Hauts-de-France. La place est de type grand-place qui se caractérise par un aspect complètement minéral que l'on retrouve dans de nombreuses villes des anciens Pays-Bas. Il s'agit de la place historique et principale de la ville. Considérée jusqu'au XXIe siècle comme une partie du forum cité en 1066 dans l'acte de fondation de la collégiale Saint-Pierre, la place aurait pour origine la volonté de l'échevinage de la ville d'en faire un marché, au XIVe siècle. La Deûle est canalisée, le sol est progressivement surélevé par des remblais, puis pavé afin de créer une place du Marché. Au XVIIe siècle, la construction de la bourse de commerce divise la place en Grand-Place et Petite-Place (actuelle place du Théâtre). Après la libération de Lille durant la Seconde Guerre mondiale, elle est renommée en hommage à Charles de Gaulle. La place est localement appelée « Grand'Place » ou, plus rarement, « place de la Déesse ». La place du Général-de-Gaulle a conservé son rôle de grand-place : c'est toujours un lieu de fête et d'échanges, y compris commerciaux, et de manifestations de tous types. C'est toujours le cœur de la braderie de Lille. Le commerce des livres, avec la librairie le Furet du Nord et les nombreux bouquinistes, y est important également. La place est bordée par divers bâtiments ; huit sont classés ou inscrits au titre des monuments historiques, parmi lesquels le Théâtre du Nord (ancienne Grande Garde) et la Vieille Bourse (ancienne bourse de commerce). Au centre de la place, trône la colonne de la Déesse. Érigée en 1845, elle représente l'héroïsme des Lillois durant le siège de Lille en 1792.