Location Image

Le Péché originel et l'expulsion du Paradis terrestre

Le Péché originel et l'expulsion du Paradis terrestre est une fresque (280 × 570 cm) de Michel-Ange, datant de vers 1510 qui fait partie de la décoration du plafond de la chapelle Sixtine, dans les musées du Vatican à Rome, commandée par Jules II.

1. Histoire

En peignant la voûte, Michel-Ange est parti des travées près de la porte d'entrée, celle utilisée lors des entrées solennelles du pontife et de son entourage, pour terminer par la travée au-dessus de l'autel. Le Péché originel et l'expulsion du Paradis terrestre (Genèse 3, 1-13, 22-24) fait donc partie du premier bloc. Dans cette scène et dans la précédente (La Création d'Ève), les figures sont devenues plus grandes, avec un appareil compositionnel plus synthétique, les gestes plus essentiels et péremptoires. Cela s'explique par le départ des aides qui, après les trois premiers récits de Noé, ont été renvoyés par Michel-Ange parce qu'il n'était pas satisfait de leur travail. La scène a été peinte sur treize « jours », en partant du coin supérieur gauche, là où se trouvent les feuilles de l'arbre exécutées avec des coups de pinceau larges et fluides.

1. Description et style

La fresque est séparée en deux moitiés par l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, plus ou moins au centre. À gauche, dans un espace délimité par les branches de l'arbre et par la légère diagonale créée par les rochers au sol, sur fond de ciel clair et lumineux, se déroule la scène du Péché originel, dans laquelle le serpent tentateur, représenté ici partiellement transformé en figure féminine (suivant la tradition qui lui attribue habituellement une tête humaine), convainc Ève de prendre un fruit défendu, le lui remettant, tandis qu'Adam semble tendre la main pour en prendre un autre. Les deux géniteurs sont nus et extrêmement athlétiques, y compris Ève qui a, surtout au niveau des bras, la musculature masculine typique des femmes de Michel-Ange. Sur la droite, le paysage change brusquement pour devenir extrêmement dénudé et désolé. L'ange chasse Adam et Ève du Paradis terrestre, les menaçant avec l'épée. Leurs corps semblent soudain rétrécis et vieillis, avec des grimaces dramatiques de douleur sur leurs visages qui développent l'expressivité des figures de Masaccio dans Adam et Ève chassés de l'Éden ; même le paysage devient stérile et aride, en contraste avec le jardin verdoyant de l'Éden. Le geste complémentaire et symétrique du diable tentateur et de l'ange, sur l'axe de l'Arbre de la connaissance du Bien et du Mal, est remarquable d'un point de vue compositionnel. Dans la lecture à rebours des épisodes de la Genèse comme préfiguration des événements de la Semaine sainte, la scène symbolise la Crucifixion, avec le Lignum vitae de l'« Arbre », placé non par hasard au centre, le même, selon tradition, avec qui est faite la Vraie Croix. La restauration de cette scène a été particulièrement efficace, qui a redonné toute leur valeur aux contrastes entre les tons chauds et froids, ainsi qu'à d'autres valeurs picturales, comme les variations de modélisation, par exemple douces et basées sur de légères transitions pour Ève avant le péché, alors que qu'elles sont dures et denses pour le tentateur, qui est particulièrement évident dans les enroulements de la queue qui ont un effet d'écailles irisées, du jaune au vert puis au rouge. Le manteau rouge de l'ange est brillant, tandis que le teint des progéniteurs après l'expulsion est obtenu à travers une base d'ocre, de terre de Sienne et de blanc, sur laquelle des voiles terre de sienne et terre noire ont été appliqués.

1. Analyse

Cette fresque présente une échelle des figures supérieure à celle des scènes précédentes et ne correspond que partiellement au récit des Écritures. Contrairement à la majorité des artistes du XVe siècle, Michel-Ange regroupe le péché originel et le bannissement du paradis en une seule et même scène. La recherche ancienne considère que ses sources d'inspiration sont Masaccio dans la chapelle Brancacci et Jacopo della Quercia dans la basilique San Petronio de Bologne (Tolnay, Salvini). La gravure sur bois de la Bible malermienne de 1490 réunit aussi en une seule image le péché originel et le bannissement du paradis (Hatfield, 1991). Michel-Ange en développe la composition en dotant le serpent non seulement d'une tête humaine, mais aussi d'un corps anthropomorphe.

1. Postérité

La fresque fait partie du musée imaginaire de l'historien français Paul Veyne, qui le décrit dans son ouvrage justement intitulé Mon musée imaginaire.

1. Références


1. Bibliographie

(it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Peccato originale e cacciata dal Paradiso terrestre » (voir la liste des auteurs). Pierluigi De Vecchi, La Cappella Sistina, Rizzoli, Milan 1999. (ISBN 88-17-25003-1) Franck Zöllner, Christof Thoenes, Michel-Ange - L'œuvre peint, sculpté et architectural complet, Köln, Taschen, 2017, 791 p. (ISBN 978-3-8365-3715-5).

1. Articles connexes

Michel-Ange Liste des œuvres de Michel-Ange Création (Bible) Haute Renaissance Plafond de la chapelle Sixtine Renaissance romaine

1. Liens externes

Ressource relative aux beaux-arts : Utpictura18

Portail de la peinture Portail de la Renaissance Portail de la Bible Portail du Vatican

Lieux à Proximité Voir Menu
Location Image
0 m

Jonas (Michel-Ange)

Jonas est l'une des fresques (400 × 380 cm) parmi les neuf scènes du livre de la Genèse réalisées en 1512 par Michel-Ange sur le plafond de la chapelle Sixtine, commandée par Jules II.
Location Image
0 m

Plafond de la chapelle Sixtine

Le plafond de la chapelle Sixtine comprend principalement une fresque réalisée par Michel-Ange entre 1508 et 1512 et inaugurée par le pape Jules II le 31 octobre 1512 ; c'est un chef-d'œuvre de la peinture de la Renaissance italienne considéré comme l'un des plus importants de l'art occidental. La peinture recouvre l'intégralité du plafond de la chapelle Sixtine construite au Vatican sous le pape Sixte IV, entre 1477 et 1483, pour abriter des cérémonies solennelles, dont les conclaves. Commandé par le pape Jules II, c'est un énorme défi pour l'artiste qui, en plus de ne pas ressentir la peinture comme un art qui lui est adapté (il s'est toujours déclaré sculpteur), termine la décoration complexe de près de 500 m2 et quelque 350 figures individuelles, en un temps record et presque seul. Œuvre d'un seul homme, comme le comprit le XVIe siècle, c'est aussi la première des grandes peintures de Michel-Ange et le summum du début de sa maturité. Le cycle des fresques complète, selon l'iconologie chrétienne, expose Les Épisodes de la vie de Jésus et ceux de Moïse, réalisées par plusieurs peintres (dont Botticelli, Ghirlandaio, Le Pérugin, Luca Signorelli et Cosimo Rosselli) dans la chapelle en 1481-1482, à l'époque de Sixte IV ; Michel-Ange peint sur la voûte les histoires de l'humanité « ante legem », c'est-à-dire avant que Dieu n'envoie les tables de la loi à Moïse. Le thème central en est la Genèse. Ces représentations impressionnantes, qui démontrent une parfaite maîtrise de l'anatomie humaine et du mouvement des corps, ont radicalement transformé la peinture occidentale ; la scène de La Création d'Adam a acquis une renommée universelle.
Location Image
0 m

La Création d'Ève (Michel-Ange)

La Création d'Ève est une fresque (170 × 260 cm) de Michel-Ange, datant de vers 1511 et faisant partie de la décoration du plafond de la chapelle Sixtine, dans les musées du Vatican à Rome, qui été commandée par Jules II.
Location Image
0 m

La Création d'Adam (Michel-Ange)

La Création d'Adam est l'une des neuf fresques inspirées du livre de la Genèse, peintes par Michel-Ange sur la partie centrale de la voûte du plafond de la chapelle Sixtine, dans les musées du Vatican à Rome, commandée par le pape Jules II. Elle constitue la quatrième histoire de cette série de neuf, précédée par La Séparation des terres et des eaux, et suivie par La Création d'Ève. Bien qu'évoquée relativement tôt dans la Genèse, donc dans la séquence des fresques ornant la voûte, La Création d'Adam n'a été achevée par Michel Ange que tardivement, vers 1511, alors que l'exécution de la voûte centrale dura de 1508 à 1512. La Création d'Adam est une illustration du texte biblique du livre de la Genèse : 1, 26-27 : « Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa ». L’œuvre est particulièrement célèbre par le détail dans lequel l'index de Dieu, rejoignant celui d'Adam sans le toucher, donne vie à l'Homme. C'est l'épisode le plus célèbre de la chapelle Sixtine et l'une des icônes les plus célèbres et célébrées de l'art universel, le sujet d'innombrables citations, hommages et parodies.