La pyramide d'Ipout II est située à Saqqarah à l'ouest du complexe funéraire de Pépi II non loin de celui de Neith. Elle a été découverte en deux saisons de fouilles en 1931 et 1932 par Gustave Jéquier qui fouilla la nécropole de la pyramide de Pépi II dans les années 1920 et 1930.

1. Temple funéraire

Les côtés est et sud sont encadrés par un temple mortuaire en forme de L. Le mur d'enceinte, prolongation de celui du complexe de Neith, est interrompu à peu près en son milieu, en face de l'angle du mur d'enceinte de Pépi II, par une porte de granit encore en très bonne état et large de 0,80 mètre. Le linteau est orné d'un disque ailé et d'un texte de deux lignes indiquant que le roi Pépi II a fait construire ce tombeau pour la fille du roi et épouse du roi Ipout II. Sur les montants de la porte sont inscrits les titres et une représentation de la reine, gravée en creux. La porte était précédée par deux petits obélisques, ornés sur l'un des côtés par une figure de la reine surmontée par deux lignes d'inscriptions mentionnant ses titres et aujourd'hui très abîmées.

Après la porte suit le vestibule qui mène à la cour ; ce vestibule est rectangulaire et anépigraphe, comme le reste du temple funéraire. À l'est se trouvent deux petites chambres, l'une s'ouvrant sur la cour, l'autre sur le vestibule ; dans ces chambres, le dallage a été percé pour y insérer des inhumations peut-être plus tardives. La cour est quant à elle relativement petite, les murs est et nord de la cour étant le mur d'enceinte de Neith et un tombeau anonyme. Au sud et à l'ouest, des piliers carrés dont on ne voit plus que la trace sur le dallage formaient une galerie couverte. Un bloc de pierre jaune saillant dans le dallage devant un des piliers servait peut-être à l'abattage des bœufs. L'ensemble formé par le vestibule et la cour sont ainsi en dehors de l'enceinte du complexe funéraire elle-même. Une petite porte qui s'ouvre au fond de la cour, derrière un des piliers, permettait de pénétrer dans la partie intime du complexe, dédiée au culte funéraire. En face de cette porte, un corridor flanqué d'une chambre mène directement à la pyramide, tandis qu'un long couloir, qui longe le mur extérieur est, donne accès à la chapelle, puis se dirige vers les magasins. De toute cette partie du complexe, il ne reste que l'assise inférieure des murs, à l'exception de la petite chambre, un peu moins dégradée que le reste. Le tracé des murs se distingue encore plus ou moins nettement sur le dallage, mais même celui-ci a disparu en plusieurs endroits. La petite cour avec trois niches à statues, de dimensions identiques à celle de Neith, est entièrement rasée. L'épaisseur du massif qui sépare le fond des niches du revêtement de la pyramide autorise l'hypothèse d'un serdab long et étroit. Entre la courette aux trois niches et le sanctuaire, il est possible qu'il y ait eu un escalier menant aux terrasses. La stèle en grès gris de la chapelle funéraire est fortement abîmée, ne permettant plus de lire aucune inscription. Le socle qui supportait une table d'offrandes en albâtre est dressé un peu en avant de la stèle, occupant toute la largeur de la chambre. Une table d'offrande de fortune avait été installée entre la stèle et le socle, peut-être dû au fait que la table d'albâtre avait été brisé. Au sud de la chapelle devait se trouver une autre chambre dans laquelle se trouvait une fosse garnie de pierres, destinée à recevoir un cercueil, et juste à côté une autre fosse plus petite, simplement creusée dans la terre, pour la caisse à canopes. Plus encore au sud, à l'angle sud-est de la pyramide, se trouvait une petite pyramide de culte. Un grand trou carré, revêtu encore dans le fond de blocs de calcaire formant la base des parois d'une chambre, représente, avec le pyramidion en calcaire grossièrement taillé, ce qui reste du souterrain de cette pyramide. Le couloir qui, de la porte de la cour, longe le mur extérieur est, tourne à droite au delà de la pyramide de culte et donne accès à cinq magasins parallèles et étroits dont il ne reste que le dallage. Si dans l'un d'eux, une fosse rectaugulaire a été creusée pour une sépulture mais est restée inoccupée, dans le cinquième, le plus à l'ouest, a été retrouvée l'inhumation de fortune de la reine Ânkhésenpépi IV. Après cette série de petits magasins, le couloir fait un nouveau coude et pénètre dans une salle très longue. À l'ouest de cette salle ont été retrouvée trois fosses, l'une rectangulaire, les deux autres à peu près rondes, qui contenaient quelques écuelles en terre rouge, entières ou en morceaux et un os de bœuf ; ces fosses semblent être les dépôts de fondation du momument, mais ne se trouvent étrangmenet pas sous la pyramide elle-même. Des funérailles de fortune pour la reine Ânkhésenpépi IV ont été organisées dans l'un de ses entrepôts au sud-est de la pyramide, où son sarcophage en granit rose a été retrouvé en 1932. Une découverte remarquable est le couvercle du sarcophage d'Ânkhésenpépi IV, qui est en fait un remploi d'une stèle antérieure, dite pierre de Saqqarah Sud : sur celle-ci est gravée une inscription qui était trop illisible pour être déchiffrée au moment de la découverte. Mais entre-temps, les techniques photographiques modernes y sont parvenues et il s'est avéré que l'inscription contient des restes des annales royales de la VIe dynastie, découverte importante car prouvant que le roi Ouserkarê n'était pas un usurpateur ayant subi un damnatio memoriae mais un roi légitime ayant simplement régné peu de temps.

1. Pyramide

La pyramide a une base de vingt-deux mètres de côté et avait à l'origine une hauteur de 15,8 mètres, mais aujourd'hui elle est presque entièrement détruite. Des appartements funéraires, il ne reste qu'une bonne partie du dallage et d'une des parois du couloir en pente (23°) et trois blocs encore en place de la chambre funéraire. L'un des blocs de la chmabre encadre la porte menant au serdab, pièce restée non fouillée par Jéquier du fait d'un danger d'effondrement. Les murs de la chambre funéraire renferme une copie des Textes des pyramides, gravée dans des colonnes de huit centimètres de large, le fond des gravure étant peint en vert (les lignes séparatrices n'était cependant pas gravées mais peintes en noir). La reine a été inhumée dans un sarcophage de granit qui a été débité et dont il reste de nombreux fragments. Ce sarcophage est resté grossièrement taillé, à l'exception d'une petite surface permettant d'inscrire le nom de la reine. Du mobilier funéraire, il ne restait presque rien si ce n'est quelques fragments de récipients en pierre et un élément de collier en forme de signe ânkh ; cet élément était en or incrusté de pierres de couleur. Devant le couloir en pente, qui s'ouvrait au milieu de la face nord de la pyramide, se trouvait une petite chapelle dont l'entrée était du côté nord. Une stèle fausse porte non gravée, trouvée à proximité, est peut-être celle qui ornait le fond de la chapelle et fermait l'entrée du couloir. La chapelle était décorée de tableaux d'offrandes, mais la qualité d'exécution était très médiocre.

1. Datation

Yannis Gourdon indique que la pyramide de la reine a été construite pendant le règne de Pépi II, après celle de Neith, construite au début du règne, et avant celle d'Oudjebten, construite plutôt vers la fin du règne.

1. Notes et références


1. Bibliographie

Gustave Jéquier, Les pyramides des reines Neit et Apouit : Fouilles à Saqqarah, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, 1933 (lire en ligne) ; Yannis Gourdon, Pépy Ier et la VIe dynastie, Paris, Pygmalion, 2016, 429 p. (ISBN 978-2-7564-0558-2 et 2-7564-0558-2).

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17 m

Pyramide d'Oudjebten

La pyramide d'Oudjebten est située au sud-est de la pyramide du roi Pépi II, dont elle fut l'une des épouses. Elle fait partie intégrante de la nécropole bâtie à l'époque de Pépi II autour de son complexe pyramidal à Saqqarah sud. Elle est découverte au début de la saison d'hiver 1925-1926 par Gustave Jéquier qui fouille la nécropole de la pyramide de Pépi II dans les années 1920 et 1930.
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17 m

Pyramide de Neith

La pyramide de Neith est située au nord-ouest de la pyramide du roi Pépi II, dont elle fut l'une des épouses. Elle fait partie intégrante de la nécropole bâtie à l'époque de Pépi II autour de son complexe pyramidal à Saqqarah sud. Elle a été découverte en deux saisons de fouilles en 1931 et 1932 par Gustave Jéquier qui fouilla la nécropole de la pyramide de Pépi II dans les années 1920 et 1930 et a fait à nouveau l'objet d'une étude par la Mission archéologique française de Saqqâra en 2012.
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83 m

Pyramide de Pépi II

La pyramide de Pépi II est une pyramide à textes située à Saqqarah sud en Égypte, au nord-ouest du mastaba de Chepseskaf. Il s'agit du dernier complexe pyramidal de l'Ancien Empire. Longtemps exploitée comme carrière, la pyramide a été ouverte la première fois par Gaston Maspero en 1881. Ses ruines ont été minutieusement étudiées par l'égyptologue Gustave Jéquier qui put reconstituer l'ensemble funéraire ainsi que les textes figurant sur les parois de la chambre funéraire lors de deux campagnes de fouilles de 1932 à 1935. Depuis 1996, le complexe funéraire et ses alentours ont fait l'objet d'une étude approfondie de la Mission archéologique française à Saqqarah.
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304 m

Mastaba de Chepseskaf

Le mastaba el-Faraoun est le nom donné par les Égyptiens contemporains au tombeau de Chepseskaf, dernier souverain de la IVe dynastie. Ce tombeau marque un tournant dans l'édification des tombes royales de l'Ancien Empire. En effet, depuis la IIIe dynastie chaque pharaon se fait édifier un complexe funéraire dont le principal monument est une pyramide qui atteint avec la IVe dynastie des proportions colossales et une perfection géométrique qui force l'admiration depuis l'Antiquité. Non seulement Chepseskaf rompt avec le choix de ses prédécesseurs de bâtir le complexe funéraire en face d'Héliopolis, en faisant établir le sien propre à Saqqarah, mais plus encore la rupture semble être complète par l'édification non plus d'une pyramide mais d'un gigantesque mastaba qui néanmoins est inclus dans un complexe funéraire. Ce fait est diversement interprété par les égyptologues. Certaines théories penchent en faveur d'un complexe inachevé en raison de la brièveté du règne ce qui expliquerait que la plupart des éléments du complexe sont en briques crues. D'autres militent pour une remise en question du dogme héliopolitain, le choix de la forme du monument, qui s'apparenterait soit à une reproduction du sanctuaire primitif de Bouto soit à un gigantesque sarcophage démontrant une volonté affichée du roi de se rapprocher du mythe osirien. Quoi qu'il en soit, ce tombeau à l'écart des sentiers battus reste une œuvre typique de la IVe dynastie par la disposition des appartements funéraires royaux, le choix des matériaux de construction et de revêtement du monument ou encore par le plan du complexe funéraire dans son ensemble.