Le siège de Prague, de juin à décembre 1742, oppose pendant la guerre de Succession d'Autriche un corps expéditionnaire français aux forces de Marie-Thérèse d'Autriche, défendant les possessions héréditaires des Habsbourg, notamment le royaume de Bohême.

1. Contexte

À la suite de l'avènement de Marie-Thérèse en 1740, la Prusse envahit la Silésie (décembre 1740). En juin 1741, la France, déjà alliée à la Bavière, s'allie avec la Prusse et envoie un corps expéditionnaire commandé par le général de Broglie, secondé par le général de Belle-Isle. Les troupes franco-bavaroises avancent d'abord en direction de Vienne et prennent Linz (14 septembre 1741). Le 21 septembre, Marie-Thérèse réussit à obtenir de la diète du royaume de Hongrie un soutien militaire qui met à sa disposition 22 000 hommes. D'autre part, Frédéric conclut une trêve informelle avec les forces autrichiennes défendant Neisse, en Silésie. En échange d'un abandon de la place, il les laisse repartir vers l'Autriche.

1. L'occupation de Prague par les alliés franco-bavarois

Une armée saxonne étant entrée en Bohême et Vienne paraissant trop bien défendue, les troupes franco-bavaroises se dirigent vers Prague qui est prise le 21 novembre 1741. L'électeur de Bavière, Charles Albert, se fait couronner roi de Bohême ; le 24 janvier 1742, il est élu empereur sous le nom de Charles VII. Vers ce moment, les forces autrichiennes attaquent la Bavière et réussissent à prendre Munich (février 1742). Puis l'effort autrichien se concentre sur la reprise de Prague. En mai 1742, l'armée commandée par Charles Alexandre de Lorraine, beau-frère de Marie-Thérèse, est envoyée en Bohême, mais elle se heurte à l'armée prussienne (la trêve de décembre étant terminée) qui la vainc à Chotusitz (17 mai). Malgré cela, l'armée autrichienne sous le commandement du maréchal Johann von Lobkowitz parvient à contrôler une bonne partie de la Bohême.

1. Le siège

En juin 1742, cette armée établit le siège autour de Prague avec 28 000 hommes. En septembre, une colonne de secours contraint les Autrichiens à desserrer l'étreinte. De Broglie en profite pour quitter Prague avec une partie du corps expéditionnaire. Lorsque les Autrichiens reprennent le siège, les conditions de survie des assiégés deviennent très difficiles, mais les Autrichiens ne parviennent pas à maintenir un cordon serré autour de la ville. Le 16 décembre, Belle-Isle s'échappe à son tour avec 14 000 hommes. Le commandement autrichien n'apprend le départ des Français que le 18 décembre, mais estime que de toute façon toutes les voies de retraite sont coupées. Repoussant les groupes d'éclaireurs de l'armée autrichienne, Belle-Isle atteint quatre jours plus tard la forêt de Bohême et par une marche forcée de dix jours à travers les montagnes, dans des conditions climatiques difficiles, gagne la ville d'Egra. Les 6 000 hommes, pour la plupart blessés ou malades, que Belle-Isle a laissés à Prague négocient les conditions de leurs reddition et obtiennent un retrait avec les honneurs de la guerre.

1. Suites

En décembre 1742, le roi de Prusse, Frédéric II, conclut une paix séparée avec l'Autriche (traité de Breslau et traité de Berlin). Il laisse la France et la Bavière se débrouiller de la situation. L'année 1743 sera marquée par la difficile retraite de l'armée française dans le sud de l'Allemagne. Au début du mois de mai 1743, Marie-Thérèse peut être couronnée reine de Bohême, mettant fin à l'usurpation de Charles Albert de Bavière.

1. Bibliographie

Un récit détaillé du siège de Prague se trouve dans une lettre du fils du comte d'Entraignes, seigneur de Saint-Prest

Lettre inédite sur le siège de Prague en 1742, par le fils du comte d'Entraignes, seigneur de Saint-Prest, Procès-verbaux de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, 1861-1863

1. Notes et références


1. Source

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Siege of Prague (1742) » (voir la liste des auteurs).

Portail du Grand Siècle Portail de l’histoire militaire Portail de Prague

Lieux à Proximité Voir Menu
Location Image
0 m

Prague

Prague (/pʁag/ , en tchèque : Praha /ˈpra.ɦa/) est la capitale et la plus grande ville de la Tchéquie, en Bohême. Située au cœur de l'Europe centrale, dans l'ouest du pays, la ville est édifiée sur les rives de la Vltava (en allemand : Moldau). Capitale historique du royaume de Bohême, berceau du peuple tchèque, Prague connaît son apogée au XIVe siècle, sous le règne du roi de Bohême et empereur germanique Charles IV qui en fait la capitale de l'Empire. Elle est alors un centre culturel et religieux de première importance, où naissent les balbutiements de la réforme protestante lorsque Jan Hus prêche contre les abus de la hiérarchie catholique et le commerce des indulgences. Brièvement redevenue capitale impériale et culturelle au tournant des XVIe et XVIIe siècles sous le règne de Rodolphe II, Prague perd progressivement en importance jusqu'à la Renaissance nationale tchèque au XIXe siècle puis la création de la Tchécoslovaquie au lendemain de la Première Guerre mondiale, en 1918, dont elle devient la capitale. Dans le camp communiste au cours de la guerre froide, Prague voit émerger en 1968 une tentative de libéralisation politique, le « socialisme à visage humain », lors du « Printemps de Prague ». Celui-ci est écrasé en août de la même année par les troupes du pacte de Varsovie. Il faut alors attendre la révolution de Velours de 1989 pour que la ville sorte de sa torpeur. Centre économique de la République tchèque, Prague compte 1 384 732 habitants en 2024. Bien qu'affaiblie par un demi-siècle de régime communiste, la ville bénéficie d'une économie extrêmement dynamique portée par le secteur tertiaire et le tourisme, ce qui en fait en 2016 la septième région la plus riche de l'Union européenne. Le taux de chômage s'établit en 2017 à seulement 1,7 %, soit le plus faible de toute l'Union. Les disparités avec le reste du pays sont de fait très importantes, les autres régions ne bénéficiant pas du même dynamisme économique. La plupart des institutions de l’État sont concentrées à Prague, le Président de la République, le Parlement, le gouvernement, les autorités centrales de l’État et la Haute Cour y siègent. La capitale est également le centre économique, de recherche, culturel et religieux du pays. « Poème épique d'architecture » pour Rainer Maria Rilke, la « ville aux cent tours » témoigne d'une richesse architecturale exceptionnelle. Tous les styles y sont représentés, notamment par des chefs-d'œuvre gothiques comme le pont Charles ou la cathédrale Saint-Guy de Prague, Renaissance, baroques — avec les nombreux palais et églises du quartier de Malá Strana — ou Art nouveau et de nombreuses réalisations cubistes, modernistes ou contemporaines, avec par exemple la célèbre « maison dansante ». Depuis 1992, le cœur historique de la ville est ainsi inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. En 2017, 7,6 millions de touristes ont visité Prague, ce qui en fait la cinquième ville la plus visitée d’Europe, après Londres, Paris, Istanbul et Rome.
Location Image
0 m

Bataille de Prague (1757)

Lors de la guerre de Sept Ans, la bataille de Prague voit, le 6 mai 1757, la victoire des Prussiens commandés par Frédéric II sur les Autrichiens de Charles Alexandre de Lorraine. Le général autrichien Maximilian Ulysses Browne y est mortellement blessé, de même que le feld-maréchal prussien Curt Christophe de Schwerin. Cette victoire prussienne est suivie par le siège de Prague (mai-juin 1757) (en) mais Frédéric II, battu à la bataille de Kolin le 18 juin, doit se retirer et ne peut s'emparer de Prague. Ce combat a inspiré une sonate de Franz Koczwara, « La bataille de Prague », qui a connu une certaine célébrité aux XVIIIe et XIXe siècles, et qui est évoquée par des écrivains comme Mark Twain.
Location Image
42 m

Église Saint-Nicolas de Prague (Staré Město)

L'église Saint-Nicolas (en tchèque : Kostel svatého Mikuláše) est un édifice religieux hussite de style baroque situé sur la place de la Vieille-Ville, au cœur de Staré Město, la Vieille Ville de Prague (en République tchèque). Construite sur les plans de l'architecte Kilian Ignace Dientzenhofer entre 1732 et 1737, elle est d'abord vouée au culte catholique ; au XIXe siècle, elle est utilisée par l'Église orthodoxe ; enfin, après la Première Guerre mondiale, elle entre dans le giron de l'Église hussite tchécoslovaque. Dotée d'une acoustique de bonne qualité ainsi que d'une excellente accessibilité au cœur de la vieille ville, c'est le théâtre de nombreux concerts, notamment d'orgue.
Location Image
66 m

Compagnie d'assurance municipale de Prague

L'ancienne Compagnie d'assurance municipale de Prague est un complexe de bâtiments néo-baroques et Art nouveau construits entre 1899 et 1910 par l'architecte Osvald Polívka sur la place de la Vieille-Ville et dans la rue Salvátorské dans la vieille ville de Prague.