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Académie des Lyncéens

L'Académie des Lyncéens, ou Académie des Lyncées, parfois Académie nationale des Lynx ou Académie nationale des Lyncéens (en italien l’Accademia nazionale dei Lincèi, originellement Academia Lyncēorum ou Accademia dei Lincei), est la plus ancienne académie scientifique d'Europe. Fondée à Rome en 1603 par un pacte entre le prince Federico Cesi et deux amis.

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Elle adopte la référence à la vue perçante du lynx qui symbolise à la fois la puissance de vue de la science et la découverte de l'extraordinaire pouvoir de résolution du microscope — un outil nouveau au XVIIe siècle — qui ouvre la voie à des découvertes fondamentales sur la nature de l'homme. Rétrospectivement, la création de cette académie est l’un des moments forts de la révolution scientifique de la Renaissance, puisqu'elle fonde une tradition nouvelle, celle des académies, sociétés savantes et autres réseaux de correspondants initiés. Ses héritières modernes sont :

l'Accademia nazionale dei Lincei, italienne ; l’Académie pontificale des sciences ou Pontificia Academia Scientiarum, du Vatican.

La première Académie des Lyncéens (1603-1630)

Célèbre pour sa défense de Galilée et pour sa défense de la physique moderne, l'Académie des Lyncéens a également à l'origine l'ambition d'éditer une encyclopédie de la philosophie naturelle de l'époque. Le projet n'aboutit pas.

17 août 1603 : fondation à Rome de l'Académie des Lyncéens par le prince Federico Cesi, Francesco Stelluti et Johannes de Filiis. Ils choisissent un lynx blanc comme emblème et la maxime : « Sagacius ista ». Le palais Cesi à Acquasparta en Ombrie, était le siège de l'académie. 25 décembre 1603 : inauguration solennelle. Cesi est élu Princeps perpétuel. 1604 : les activités de l'Académie sont étroitement surveillées. Certains membres sont dénoncés au Saint-Office. 1610 : adhésion de Giambattista della Porta. 25 avril 1611 : adhésion de Galilée. À partir de cette date, le lynx blanc de l'académie ornera le frontispice de tous les ouvrages de Galilée. 29 octobre 1611 : adhésion du médecin anatomiste et botaniste Giovanni Faber, il est fait chevalier de l'académie le 23 avril 1612 1612 : ambitieux projets éditoriaux. Opposition du Saint-Office. 1616 : condamnation du système de Copernic[réf. souhaitée]. 1630 : mort de Cesi, l'académie réduit ses activités et disparait peu après.

Renaissances de l'Académie

1745 : fondation d'une nouvelle académie à Rimini, mais son activité ne dure pas. 1838 : le pape Grégoire XVI suggère de refonder une nouvelle académie scientifique. Son projet sera réalisé par Pie IX en 1847 sous le titre de Accademia Pontificia dei Nuovi Lincei. 1859 : à la suite de la réunification de l'Italie et la disparition des États pontificaux, l'institution se scinde en deux académies : L'Accademia Pontificia dei Nuovi Lincei qui est rebaptisée en 1936 Académie pontificale des sciences. La Reale Accademia dei Lincei

L'Académie des Lynx sous le régime mussolinien

Mussolini se méfie de l'institution, qui est composée d'intellectuels indépendants et prestigieux et peut représenter un contre-pouvoir. Classiquement, sans dissoudre formellement l'académie des Lynx, il crée une institution concurrente l'Académie d'Italie chargée de chapeauter, puis d'absorber l'ancienne institution, considérée comme trop dérangeante. Avec le durcissement du régime sous l'influence des Allemands et la promulgation des lois raciales, de nombreux scientifiques tombent en disgrâce. Albert Einstein, qui était membre étranger depuis 1921, en démissionne formellement en 1939. Enrico Fermi, pourtant nommé par le Duce à l'académie royale italienne, mais dont l'épouse est juive et à qui les universités américaines ont fait des propositions intéressantes tant sur le plan académique que financier, prend ses distances et s'installe à Chicago (Il travaillera à la réalisation du Projet Manhattan, la future bombe d'Hiroshima) . Avec la chute du régime en 1943, l'Académie royale d'Italie, qui comptait surtout des personnages dévoués au régime (Tommaso Tittoni, Luigi Federzoni, Francesco Coppola, Filippo Tommaso Marinetti, Giovanni Gentile) ou des "vieilles gloires" (Guglielmo Marconi, Gabriele D'Annunzio), sera dissoute et, sur une suggestion de Benedetto Croce l'Académie des Lynx redeviendra une institution indépendante dans la seconde moitié des années 1940.

Accademia Nazionale dei Lincei

En 1946, la Reale Accademia dei Lincei est rebaptisée Accademia Nazionale dei Lincei. Son siège est situé au Palazzo Corsini, la Villa Farnesina, sur la Via della Lungara à Rome. En 1986, les statuts de l'académie décident que sa composition sera de 540 membres, 180 seront italiens, 180 seront étrangers, et 180 seront des correspondants italiens à l'étranger. Les membres de l'académie sont divisés en deux classes : la première correspond aux sciences mathématiques, physiques et naturelles, la seconde aux sciences morales, historiques et philosophiques. En 2001, la classe des sciences pures est composée de cinq catégories :

Mathématique, mécanique et applications ; Astronomie, géodésie, géophysique, et applications ; Physique, chimie et applications ; Géologie, paléontologie, minéralogie et applications ; Sciences biologiques et applications. La classe des sciences morales est composée de sept catégories :

Philologie et linguistique ; Archéologie ; Critique d'art et de la poésie ; Histoire et géographie historique et humaine ; Sciences philosophiques ; Sciences juridiques ; Sciences sociales et politiques. Depuis sa reconstitution, elle honore des personnalités mondiales de ces différents domaines de la connaissance par le prix Antonio-Feltrinelli.

A

Armand Abel Antonio Abetti Claudio Achillini Cataldo Agostinelli Ekrem Akurgal Giulio Alessio Alexandre Alexandrov Maurice Allais Emilio Almansi Michele Amari Antonio Ambrosetti Luigi Ambrosio Mohammad Ali Amir-Moezzi Philip Warren Anderson Enrico Arbarello Giuseppe Armellini Cesare Arzelà John Ashbery Michael Atiyah Francisco J. Ayala

B

Franz Babinger Riccardo Bacchelli Paolo Baffi Giuseppe Bagnera René Basset (linguiste) William Baumol Jean Bayet Giovanni Becatti Odoardo Beccari František Běhounek Giusto Bellavitis Émile Benveniste Henri Bergson Enrico Berti Luigi Berzolari Giovanni Bianchi Maurice Blanchot Wilhelm Blaschke José María Blázquez Martínez John Boardman Norberto Bobbio Niels Bohr Ludwig Boltzmann Enrico Bombieri Enrico Bompiani Baldassare Boncompagni Giuliano Bonfante Enzo Boschi Umberto Bosco Pierre Boyancé Francis Herbert Bradley William Lawrence Bragg Annibale Evaristo Breccia Haïm Brezis Franco Brezzi Alexander von Brill Francesco Brioschi Luc Brisson Giovanni Brizzi Louis de Broglie Karl Brugmann Luigi Brusotti Franz Bücheler Robert Wilhelm Bunsen Francesco Buonamici (1832-1921)

C

Nicola Cabibbo Renato Caccioppoli Luis Caffarelli Maurizio Calvesi (historien de l'art) Paul Canart Ettore Caporali Manuel Cardona Castro Enzo Carli Enrico Castelnuovo (historien de l'art) Fabrizio Catanese Luigi Luca Cavalli-Sforza Enrico Cerulli Ernst Boris Chain Sydney Chapman (1888-1970) Shiing-Shen Chern Michel-Eugène Chevreul Emilio Chiovenda Oscar Chisini Giovanni Ciampoli Ciro Ciliberto Michele Cipolla Rudolf Clausius Claude Cohen-Tannoudji Antonio Maria Colini Umberto Colombo Giovanni Colonna Annibale Comessatti Carlo Conti Rossini Gianfranco Contini Maurizio Cornalba Mauro Cristofani Gaetano Crocco Benedetto Croce James Watson Cronin Paul Josef Crutzen

D

Giuseppe Da Prato Gilbert Dagron Cassiano dal Pozzo Alessandro D'Ancona Charles Darwin William Morris Davis Riccardo De Paolis Ennio De Giorgi Attilio Degrassi Pietro Della Valle Tullio De Mauro Hermann Diels Paul Dirac Theodosius Dobjansky Anton Dohrn Giacomo Doria Enrico D'Ovidio Georges Duby

E

Umberto Eco Paul Ehrlich Albert Einstein Theodor Wilhelm Engelmann Federigo Enriques Eugenio Giuseppe Togliatti Hans von Euler-Chelpin

F

Giovanni Faber Ariodante Fabretti M'hamed Hassine Fantar Antonio Favaro Luigi Federzoni Evgraf Fedorov Gaetano Fichera Massimo Firpo Clemente Folchi Ezio Franceschini Ivar Fredholm Ragnar Anton Kittil Frisch Horst Fuhrmann Marc Fumaroli Nicola Fusco

G

Hans-Georg Gadamer Gaetano Scorza Giuseppe Galasso Giovanni Garbini Jean Gaudemet Israel Gelfand Giovanni Gentile Riccardo Giacconi Fabiola Gianotti Corrado Gini Sheldon Glashow Victor Goldschmidt (chimiste) Henri Gouhier Arturo Graf Harry B. Gray Augusto Graziani Pierre Grimal Paul Heinrich von Groth Ignazio Guidi

H

Margherita Hack Jacques Hadamard Otto Hahn Theodor W. Hänsch Peter Andreas Hansen Walter Hayman Werner Heisenberg Veikko Aleksanteri Heiskanen Hermann von Helmholtz Albert Henry Heinrich Hertz David Hilbert Archibald Vivian Hill George William Hill (astronome) Robert Hill (biochimiste) Albert Hirschman Johann Wilhelm Hittorf Franz von Holtzendorff Heinz Hopf Rolf Huisgen Adolf Hurwitz

I

Jean Irigoin Dante Isella

J

Moritz von Jacobi Hubert Jedin Arturo Carlo Jemolo

K

Felix Klein Guglielmo Koerner Jerzy Kuryłowicz

L

David Landes Paul Langevin Jean Leclant Tullio Levi-Civita Giovanni Lilliu Jacques-Louis Lions Ettore Lo Gatto Giacomo Lumbroso

M

Enrico Magenes Gian Antonio Maggi Claudio Magris Luciano Maiani Amedeo Maiuri Faustino Malaguti Edmond Malinvaud Thomas Mann Raoul Manselli Dario Mantovani Jean Marchal Roberto Marcolongo Jean-Luc Marion Paolo Matthiae Paul Meyer (philologue) Michele De Luca Bruno Migliorini Max Milner Vincenzo Mirabella Mario Miranda Keith Moffatt Theodor Mommsen Salvador Moncada Ugo Monneret de Villard Mario Monti Arthur Morin Sabatino Moscati David Mumford

N

Giovanni Nencioni Louis Nirenberg Sergueï Novikov (mathématicien)

O

George A. Olah Olga Oleinik Paolo Orsi Carlo Ossola Mikhaïl Ostrogradski

P

Ettore Pais Pietro Sforza Pallavicino Alfredo Panzini Paolo Sylos Labini Giorgio Parisi Michele Parrinello Vasile Pârvan Ernesto Pascal Louis Pasteur Ludwig von Pastor Emanuele Paternò Giuseppe Peano Luigi Pernier Gioacchino Pessuti Giorgio Petrocchi Giovanni Pettinato André Pézard Mauro Picone Salvatore Pincherle Max Planck Karl Popper Mario Praz Claudio Procesi

R

Georges de Rham Gregorio Ricci-Curbastro Heinrich Rickert Francisco Rico Ronald Rivlin Carl Robert Gerhard Rohlfs Rosario Romeo Mario Rosa Wilhelm Roscher Paolo Rossi (philosophe) Michael Rostovtzeff Jean Rousset Carlo Rubbia David Ruelle

S

Paul Sabatier (chimiste) Federico Sacco Rodolfo Sacco Filippo Salviati Giovanni Sansone Natalino Sapegno Giovanni Sartori Carlo Sbordone Giovanni Schiaparelli Moritz Schiff Hugo Schuchardt Dennis Sciama Beniamino Segre Cesare Segre Quintino Sella Amartya Sen Sergio Sergi Luca Serianni Roberta Sessoli Salvatore Settis Francesco Severi (mathématicien) Emanuele Severino Quentin Skinner Sergueï Sobolev Sergio Solmi Sergio Spagnolo Johannes Stark Jean Starobinski Jack Steinberger Eugénie Sellers Strong

T

Pierre Tardi Ernst Wilhelm Tempel Alberto Tenenti Alessandro Terracini Julius Thomsen Eugène Tisserant Pietro Toesca Leonida Tonelli Mario Torelli Pierre Toubert Ludwig Traube (paléographe) Francesco Tricomi

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U

Edward Ullendorff

V

Luca Valerio André Vauchez (historien) Gabriele Veneziano Charles Verlinden Edoardo Vesentini Rosario Villari Ivan Vinogradov Antonio Viscardi Girolamo Vitelli Woldemar Voigt Claire Voisin Gioacchino Volpe Edoardo Volterra Hugo de Vries

W

John Ernest Walker Edmund Taylor Whittaker Gian-Carlo Wick Ulrich von Wilamowitz-Moellendorff Richard Willstätter Edward Osborne Wilson John Kirtland Wright

Y

Omar M. Yaghi

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Z

Fausto Zevi Olgierd Zienkiewicz Alexandre Zinoviev

Ressources bibliographiques

Balthasar Odescalchi, duc de Cesi, Memorie istorico-critiche dell'accademia de' Lincej e del principe Federico Cesi, Rome, 1806. Pietro Redondi (trad. de l'italien par Monique Aymard), Galilée hérétique, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », 1985, 448 p. (ISBN 978-2-070-70419-4) Paolo Rossi (trad. Patrick Vighetti, préf. Jacques Le Goff), Aux origines de la science moderne, Paris, Éd. du Seuil, coll. « Sciences » (no 159), 2004, 392 p. (ISBN 978-2-020-66680-0)